Haro sur le capitalisme anglo-saxon
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Dans leur nouveau livre, le chef économiste de la banque Natixis, Patrick Artus, et la journaliste Marie-Paule Virard dressent un réquisitoire contre les profits records des actionnaires des grands groupes. « Les actionnaires préservent coûte que coûte dividendes et rendement du capital, quitte à demander aux salariés de porter sur leurs épaules une part croissante des risques économiques », fustigent les auteurs. Sans conspuer la loi El Khomri ou les ordonnances Macron, les auteurs montrent que les politiques de flexibilité de l’emploi n’empêchent pas les entreprises de « freiner les salaires sans redistribuer leurs profits ». Et dressent un tour d’horizon de « l’exaspération grandissante des salariés », victimes du capitalisme anglo-saxon et d’une économie en panne. Un livre très pessimiste, mais éclairant sur la disparition des emplois intermédiaires ou les gains de productivité des industriels ayant robotisé leurs usines outre Rhin. Versant solutions, les auteurs sont plus timorés, prônant la généralisation de la présence des salariés aux conseils d’administration ou une réforme claire de l’objet social de l’entreprise orientée vers l’intérêt général. Une sorte de capitalisme européen, suggèrent-ils. Suffisant pour réduire les inégalités ?