Apprentissage : Le Medef monte au créneau

Le Medef repart sur le front de l’apprentissage. Après le lancement de la campagne de communication du ministère du Travail (#DémarreTaStory) le 23 avril 2018 visant à inciter jeunes et parents à faire le choix de l’apprentissage, c’était au tour de l’organisation patronale de mettre en branle la sienne le 25. Placée sous le hashtag #MonPlanApprentissage et le parrainage de Lisandro Cuxi (vainqueur de l’édition 2017 de The Voice et lui-même apprenti en bac professionnel dans l’événementiel), cette campagne de communication numérique durera jusqu’à l’été. Objectif : briser les idées reçues sur l’apprentissage et inciter les chefs d’entreprises à recruter par cette voie « scandaleusement dévalorisée », selon Pierre Gattaz, président du Medef.

Deux autres outils dédiés à l’apprentissage seront bientôt mis en ligne par l’organisation patronale : la plateforme ToMyJob, destinée à faciliter les mises en relations entre jeunes, entreprises et CFA et le « baromètre de l’apprentissage », réalisé en partenariat avec Viavoice, visant à fournir des statistiques sur l’évolution de cette voie de formation au travers d’enquêtes menées auprès des dirigeants d’entreprises.

Si le Medef met les bouchées doubles pour promouvoir l’apprentissage, c’est aussi parce que la réforme portée par la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, satisfait l’une de ses revendications historiques : ôter l’alternance du périmètre des régions pour le confier aux branches. Un échec pourrait avoir des conséquences délétères pour l’organisation patronale. « Les conseils régionaux nous attendent au tournant. Si jamais les recrutements en apprentissage venaient à baisser durant les premières années de la réforme, leur contre-attaque serait sanglante ! », glisse un insider de l’avenue Bosquet. Pierre Gattaz, pour sa part, propose de tendre la main aux régions en proposant la création « d’espaces de dialogue » entre branches et collectivités régionales pour discuter de politiques concertées sur l’apprentissage. Pas sûr qu’Hervé Morin, président de Régions de France et opposant de la première heure à la réforme, la saisisse.