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Des réformes difficiles à mener

L’enquête | publié le : 04.10.2016 | É. S.

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Des réformes difficiles à mener

Crédit photo É. S.

Acté en septembre 2015 par le gouvernement, le protocole sur les “parcours professionnels, carrières et rémunérations” (PPCR) devrait coûter à l’hôpital public, selon la Cour des comptes, 325 millions d’euros en 2017, auxquels s’ajouteront plus de 400 millions d’euros liés à l’augmentation du point d’indice. Il n’est guère étonnant, dès lors, que 54 % des DRH affirment avoir des difficultés dans la mise en place du protocole PPCR, dans trois quarts des cas pour des raisons budgétaires, devant les problèmes techniques (adaptation des logiciels).

Du côté des DAM, ce sont les réformes liées au temps de travail des praticiens qui semblent à la peine, alors que le respect des 48 heures hebdomadaires fait partie des raisons pour lesquelles plusieurs syndicats de praticiens ont appelé la semaine dernière à un mouvement de grève.

En fait, la situation est contrastée : ainsi, 56 % des DAM indiquent avoir mis en œuvre le décret relatif au temps de travail des internes (19 % partiellement).

En revanche, un quart des répondants affirment n’avoir pas mis en place – et 38 % partiellement – le décret de 2013 qui modifie le décompte du temps d’astreinte des praticiens (prise en compte des temps de déplacement, notamment). En cause, disent-ils, les difficultés d’organisation et la taille des équipes. Car les établissements, surtout les plus petits, se heurtent à une pénurie de main-d’œuvre disponible pour compenser la diminution du temps de travail des praticiens.

Temps de travail des urgentistes

Un problème encore plus aigu dans les services d’urgence, dont on ne peut guère réduire l’activité : seuls 15 % des DAM (27 % dans les CHU) indiquent avoir mis en place la réforme du temps de travail des urgentistes obtenue après la grève de 2014, et un quart l’ont programmée d’ici à 2017. « Faute de réorganisation territoriale des urgences, cet accord est pour beaucoup inapplicable », explique Marie Houssel, responsable du pôle RH de la FHF.

Son président, Frédéric Valletoux, parle, lui, d’injonctions contradictoires : « Rien n’est pire qu’une politique alourdissant les charges des établissements pour acheter la paix sociale au détriment des réformes structurelles, tout en prônant la poursuite des efforts d’efficience. »

Les groupements hospitaliers de territoire (GHT) redonneront-ils un peu d’air aux RH ? Si les projets médicaux partagés sont en cours d’élaboration, l’objectif de mutualisation (obligatoire pour certaines fonctions comme les SI, les achats, l’information médicale…) et de répartition de l’activité au sein des 135 futurs GHT semblent ouvrir des perspectives (voir graphique ci-dessus). Mais les répondants sont prudents, s’agissant des effets de ces superstructures sur l’attractivité des professionnels. Peut-être faut-il y lire l’inquiétude de certains établissements quant aux effets, pour eux, du redéploiement des activités. Même si, précise Yann Dubois, professeur en GRH à l’EHESP, selon les choix opérés, les conséquences des GHT seront très disparates, entre « coquille vide » et « regroupements très intégrés ».

Auteur

  • É. S.