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Sur le terrain

Formation : Festo crée un mastère pour recruter

Sur le terrain | publié le : 12.07.2016 | Frédéric Brillet

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« Les PME industrielles comme la nôtre peinent à trouver de bons candidats. Pourtant, nous proposons aux jeunes diplômés plus de sécurité que les start-up et nous leur confions plus vite des responsabilités que dans les grands groupes », estime Jean-Michel Tasse, Pdg de la filiale française de Festo. Le groupe allemand est un géant des systèmes d’automatisation pneumatiques et électriques (il emploie 18 000 personnes dans le monde pour un chiffre d’affaires de 2,45 milliards d’euros), mais la filiale française demeure une PME de 160 salariés. De plus, elle opère en B to B, ce qui aggrave son déficit de notoriété chez les jeunes techniciens et ingénieurs, alors qu’elle doit en recruter une quinzaine par an pour soutenir sa croissance et compenser les départs.

Pour surmonter ce handicap, Festo France a investi dans la formation via deux approches. D’une part, elle a décidé de vendre du matériel pédagogique et de développer des formations dans son domaine d’expertise, comme l’a fait sa maison mère dès les années 1950. D’autre part, la filiale française a pris exemple sur sa consœur italienne, confrontée au même problème de recrutement, qui a noué des partenariats avec des écoles. Festo France a ainsi monté deux dispositifs pour mieux se faire connaître des jeunes diplômés.

Technique et management

Le premier dispositif concerne les bac + 5. Festo a initié en partenariat avec Polytech Lille (une école d’ingénieurs intégrée à l’université) la création en 2014 du mastère spécialisé mécatronique et management. Pour ce diplôme, qui forme des ingénieurs aptes à mener des projets sur les plans techniques et managériaux au sein de PME, Festo a été rejoint par une demi-douzaine d’autres entreprises (Kuka dans la robotique industrielle, le bureau d’études SEF Touraine…). Toutes participent à la sélection des candidats, assurent la moitié des 450 heures de cours et proposent aux étudiants des contrats de professionnalisation qui facilitent leur fidélisation à la fin du mastère. La première promotion, qui sort cette année, compte huit jeunes diplômés motivés par l’idée de travailler dans des PME industrielles et assurés de trouver un poste dans l’une de celles qui financent le mastère (conjointement avec les Opca).

« Tout compris, ce partenariat nous coûte quelque 10 000 euros par candidat et revient moins cher que de passer par un cabinet de recrutement qui peut chercher six mois avant de nous trouver un bon profil prêt à venir chez nous. Il nous permet surtout de préparer dans d’excellentes conditions des cadres qui, sans aucun doute, seront amenés à prendre des responsabilités dans nos organisations », estime Jean-Michel Tasse. Satisfaite de ce partenariat, Polytech Lille envisage d’augmenter les effectifs en passant à une douzaine d’étudiants à une douzaine par promotion, en tablant sur la notoriété accrue de cette formation qui appellera davantage de candidats et de PME prêtes à y investir.

Casser les barrières

La deuxième initiative de Festo est tournée vers les BTS et IUT dédiés à l’industrie peinant à remplir leurs promotions pour des raisons d’image, car l’entreprise est confrontée à un problème de recrutement de techniciens bac + 2 ou + 3. Pour se faire connaître, constituer un vivier dans ce public, valoriser les qualifications intermédiaires et casser les barrières entre ceux qui conçoivent et ceux qui réalisent, Festo a lancé l’opération Centaure, avec l’aide de sept PME, de Polytech Lille, des Compagnons du Devoir, de l’UIMM et de la région Nord-Pas-de-Calais. Ce partenariat associe des jeunes ingénieurs et compagnons au sein d’une dizaine de projets ayant trait à la robotique et à la mécatronique. Il a été baptisé Centaure, du nom d’un projet en cours portant sur la création d’une jambe de cheval “bionique”.

Outre la valorisation des qualifications intermédiaires, Centaure a le mérite de faire prendre conscience aux PME nordistes que l’intégration d’ingénieurs associés à des techniciens bien formés peut leur permettre d’améliorer leur outil de production et leurs performances.

Auteur

  • Frédéric Brillet