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L’enquête

Lyreco : La VAE entretient un statut de “bon employeur”

L’enquête | publié le : 05.07.2016 | H. H.

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Trois salariés – et pour la première fois deux femmes – se sont portés candidats à une VAE cette année. Au cours des deux années précédentes, sept autres salariés ont été diplômés : la validation des acquis de l’expérience (VAE) pilotée collectivement a le vent en poupe chez Lyreco, à Villaines-la-Juhel, en Mayenne.

Ce centre de distribution de fournitures de bureau (310 salariés) livre le lendemain toute commande passée par une entreprise avant 18 heures, où que ce soit à l’ouest d’une ligne Reims-Pau. La moitié est de la France est prise en charge par le centre de Digoin (Saône-et-Loire). Réception, préparation de commandes, expédition : il s’agit de métiers de magasiniers, de caristes.

À Villaines-la-Juhel, la moyenne d’âge des salariés de Lyreco est de 46 ans. Beaucoup sont entrés dans l’entreprise il y a plus de vingt ans, sans qualification. Caristes, par exemple, ils ont passé leur certificat d’aptitude à la conduite en sécurité (Caces) chez Lyreco. D’autres ont décroché peu à peu des postes à responsabilité ou ont accumulé simplement des compétences, mais le plus souvent sans diplôme.

L’impulsion en faveur de la VAE est venue du directeur logistique de Lyreco, en poste à Marly, dans le nord : c’est par ce biais qu’il a acquis son master en logistique. Devant l’intérêt de la formule, l’entreprise a donc décidé de soutenir les salariés s’engageant dans cette voie, et a inscrit cet engagement dans son dernier accord d’entreprise sur la formation professionnelle : Lyreco propose à ses salariés désireux de passer des VAE une aide financière de 1 071 euros par an et par candidat, correspondant au coût de l’accompagnement fourni par le Dava régional. Un investissement jugé raisonnable parce que piloté dans des logiques collectives.

Le moyen d’évoluer

Cette politique a rencontré l’assentiment des partenaires sociaux internes : « Les syndicats insistent depuis longtemps pour que les salariés accèdent à un diplôme de manière à pouvoir évoluer professionnellement en dehors ou même à l’intérieur de l’entreprise », indique Robert Spanneut, élu au comité d’entreprise.

Une autre impulsion est venue de l’impact qu’a eu, en interne, le parcours personnel atypique d’un salarié. Engagé comme technicien de maintenance, il n’avait jamais changé de poste. Simplement, il avait gagné en compétences à force de formations sur des machines de plus en plus sophistiquées. Il s’est présenté en même temps devant deux jurys de VAE, et a ainsi validé à la fois un bac pro et un BTS de maintenance industrielle. L’entreprise embaucherait aujourd’hui, à son poste, un BTS. Il s’est simplement aligné.

Chez Lyreco, cette politique de VAE pilotée collectivement s’intègre bien à la logique de promotion interne qui est privilégiée : « Je n’ai pas encore recruté de salarié diplômé par la VAE à un poste ouvert en interne, mais c’est tout à fait envisageable. Il disposerait d’un avantage et tirerait profit de son nouveau diplôme », indique Guillaume Monsallier, directeur du centre de Villaines-la-Juhel. C’est même, pour lui, en l’absence d’augmentation de salaire systématique prévue après une validation des acquis, la façon la plus naturelle de valoriser la VAE dans l’entreprise. À moins, autre hypothèse, que le salarié choisisse de changer d’employeur. Mais Guillaume Monsallier ne le craint pas vraiment : « Les salariés en ont la possibilité : ici, en Mayenne, département dynamique, le taux de chômage est un des plus bas de France, et la carte de visite de Lyreco n’est pas mauvaise pour poser sa candidature ailleurs. Mais le faible turnover montre que nos salariés se plaisent chez nous. »

Repères

Activité

Fournitures de bureau et services généraux.

Effectif

310 salariés.

Auteur

  • H. H.