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LA SEMAINE

Formation : L’entretien professionnel à Pris du retard

LA SEMAINE | publié le : 06.10.2015 | Laurent Gérard

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Une très large majorité (81 %) de salariés n’ont pas encore de date de rendez-vous pour leur premier entretien professionnel, qui doit intervenir avant mars 2016. C’est ce que révèle une étude sur la perception des salariés concernant la réforme de la formation professionnelle consécutive à la loi du 5 mars 2014, menée par l’Ifop pour TAC Conseil (département du groupe Théâtre à la Carte, spécialisé dans la conduite du changement) et publiée la semaine dernière.

Ce résultat est d’autant moins brillant à six mois de l’échéance, qu’il est possiblement sous-estimé. Les 1 001 salariés qui ont répondu à cette enquête sont employés dans des entreprises de plus de 250 personnes : quel serait ce taux si l’échantillon avait compris des entités de plus petites tailles, que l’on sait moins réactives aux réformes de ce type ?

Outil de conduite du changement.

Ce retard est d’autant plus regrettable que 60 % des salariés qui ont réalisé leur premier entretien professionnel ont le sentiment qu’il a été globalement utile pour réfléchir à leur situation professionnelle. « Au cours de cet entretien, le salarié peut exprimer ses perspectives d’évolution de carrière et demander des formations relatives à l’acquisition de nouvelles compétences importantes pour la suite de sa vie professionnelle, analyse Anne-Sophie Vautrey, directrice d’études à l’Ifop. C’est une occasion de dialogue bien perçue par les salariés qui l’ont expérimentée et donc un outil de conduite du changement. Mais les entreprises ont tendance à associer cet entretien à l’entretien d’évaluation réalisé chaque année, alors que les objectifs sont bien différents : l’entretien professionnel concerne la formation et l’avenir professionnel des salariés. »

Autre élément d’inquiétude pointé par l’Ifop : 54 % seulement des salariés ont entendu parler de l’instauration d’un entretien professionnel obligatoire tous les deux ans. Peu informés, ils seront d’autant moins demandeurs.

Méconnaissance et manque d’engagement.

Globalement, cette étude note la faible notoriété globale de la réforme de la formation professionnelle ; 82 % des salariés ont entendu parler du CPF, mais seulement 27 % en ont ouvert un. « Ces chiffres montrent une méconnaissance des nouveaux dispositifs, à corréler avec un éventuel manque d’engagement de la part des directions et des IRP sur le sujet », conclu TAC Conseil.

Les lignes bougeront peut-être avec le lancement, le 1er octobre, de la campagne de communication du gouvernement. Des bannières présentes sur des sites Internet fréquentés par les 26-54 ans sont relayées par des messages radio depuis le 3 octobre et jusqu’en décembre. La campagne de communication insiste sur le conseil en évolution professionnelle (CEP), mais surtout sur le compte personnel de formation (CPF). Elle espère inciter les bénéficiaires de ces nouveaux droits à les découvrir en se rendant sur le site dedié : moncompteformation.gouv.fr

Auteur

  • Laurent Gérard