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LA SEMAINE

L’INTERVIEW : Arnaud Chéron DIRECTEUR DU PÔLE DE RECHERCHE EN ÉCONOMIE DE L’EDHEC BUSINESS SCHOOL

LA SEMAINE | L’INTERVIEW | publié le : 30.06.2015 | Laurent Gérard

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L’INTERVIEW : Arnaud Chéron DIRECTEUR DU PÔLE DE RECHERCHE EN ÉCONOMIE DE L’EDHEC BUSINESS SCHOOL

Crédit photo Laurent Gérard
Dans votre récent rapport « La formation professionnelle des seniors : une urgence », vous affirmez que le quart du nouveau 1 % formation doit bénéficier aux 52-58 ans. Pourquoi ?

Afin d’améliorer l’employabilité des seniors dans la perspective d’une retraite à 62 ans, puis peut-être à 65 ans. Ce serait un gain pour l’ensemble de la collectivité que ces salariés restent employables longtemps. Il faut absolument lutter contre les effets liés à l’âge, avec une employabilité nulle des travailleurs de plus de 55 ans exclus de la formation continue. Notre recommandation est de réallouer une partie des dépenses de formation avant 50 ans vers les travailleurs de 52 à 58 ans.

Financièrement, quel montage proposez-vous ?

Les fonds dépensés par les entreprises pour la formation des seniors de 52-58 ans pourraient augmenter d’environ 10 %, soit un montant d’environ 240 millions d’euros, salaires compris, pour aboutir à un total de 3 milliards d’euros, salaires compris également. Sur cette base, l’idée serait de déboucher sur la sanctuarisation de 25 % du nouveau 1 % d’obligation légale pour financer la formation de ces seniors.

Sanctuariseriez-vous ces 25 % majoritairement sur le plan, la professionnalisation, le CPF ou le CIF ?

Il n’est pas question de toucher au CIF, au CPF, ni aux contrats de professionnalisation. L’effort nous semble donc devoir porter sur le plan de formation. Il faut espérer que l’amoindrissement de l’obligation légale ne va pas se traduire par un changement de la nature des formations : celles « plus informelles » ayant lieu sur le poste de travail se substituant alors à celles « formelles ». Si une telle substitution avait lieu en France, cela risquerait de nuire à la transférabilité des compétences acquises et aux bénéfices à en attendre pour la collectivité, sur lesquels nous avons insisté dans cette étude.

Comment imaginez-vous un pilotage de ces 25 % vers les seniors par les entreprises, alors que la gestion du nouveau 1 % va leur échapper largement, car mutualisé via les Opca ?

Cette gestion devrait être assumée par les Opca, dans le cadre d’une politique collective, négociée paritairement, et avec l’appui du ministère du Travail. La mise en place aujourd’hui d’une sanctuarisation des dépenses pour les seniors dans le cadre du système actuel de financement de la formation continue serait un bon signal envoyé aux entreprises et aux salariés sur la nécessité d’adapter les carrières des individus à une espérance de vie plus longue. Ce serait un gain collectif, dont l’affichage serait très important.

Auteur

  • Laurent Gérard