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« L’Âge du faire »

Les livres | publié le : 10.02.2015 | Gaëlle Picut

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« L’Âge du faire »

Crédit photo Gaëlle Picut
Michel Lallement Seuil, 448 pages, 25 euros

Depuis le milieu des années 2000, un nouveau modèle d’activité, le faire (make), est en train de développer une autre manière de travailler et de vivre ensemble.

L’auteur, sociologue et professeur au Cnam, s’est intéressé à ce mouvement en partant l’étudier dans la région de San Francisco. Il rappelle que cette conception du faire doit beaucoup à l’éthique du hacker (bidouilleur) ainsi qu’à l’esprit qui anime les défenseurs du logiciel libre, autrement dit, à la volonté de créer et de partager en se défaisant des contraintes imposées par le marché, la rentabilité, la propriété.

Loin de se réduire à des pratiques de nature informatique, le faire concerne aujourd’hui toutes sortes d’activités, à l’instar de celles qu’exercent les membres des hackerspaces ou Fab Labs, ces espaces collaboratifs (il en existerait 1 700 dans le monde). L’auteur a partagé la vie de l’un d’eux.

Ses membres sont portés par les valeurs issues de l’éthique hacker : libre coopération, refus de la hiérarchie, libre échange de l’information et des connaissances, rejet de la discrimination, etc. Pour eux, la technologie et la science peuvent transformer les choses et le monde. L’auteur détaille également leur manière originale de tisser du lien social avec, d’un côté, la recherche du consensus et, de l’autre, l’incitation à faire selon son bon vouloir.

La culture hacker mêle intérêts individuels et intérêt collectif, pratiques désintéressées et valorisations marchandes, don et contre-don. « Ces communautés sont des laboratoires du changement social, des zones d’autonomie où se bricole une autre manière d’innover, de produire, de collaborer, de décider », conclut-il dans ce livre passionnant.

Auteur

  • Gaëlle Picut