L’AÉROPORT DE LYON DÉCOUVRE DES MODES DE MOBILITÉ “DOUCE”

Entre 2009 et 2013, le recours à la voiture particulière a diminué, passant de 95 % à 91 %, chez les 5 300 salariés du site de l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry, soit la presque réalisation de l’objectif de 5 % de baisse pour 2016 du Plan de déplacement interentreprises (PDIE) lancé il y a deux ans par Aéroports de Lyon (ADL) et l’Ademe (agence de l’environnement).

Ce plan, doté de 43 000 euros en 2013, implique la moitié des salariés du site, dans 21 entreprises (sur 200), surtout des sociétés de service – les compagnies aériennes restant en retrait. « La baisse paraît modeste, reconnaît Marie-Christine Bernier, coordinatrice du PDIE pour ADL. Elle est sensible pour des personnels qui ont toujours privilégié la voiture. » Et pour cause. Beaucoup ont des horaires postés, viennent de loin ou de communes mal desservies et, surtout, disposent de 3 000 places de parking gratuites sur la plate-forme. Sans véritable alternative ni incitation, jusqu’à récemment du moins, car les données changent désormais. D’abord, prendre sa voiture coûte cher. Ensuite, « les déplacements freinent le recrutement de certaines entreprises », ajoute Marie-Christine Bernier, en particulier celles qui embauchent des salariés peu qualifiés comme GSF, spécialiste du nettoyage, les restaurateurs ou les bagagistes. Enfin, des transports collectifs apparaissent.

Ligne de cars dédiée

Depuis 2010, Rhôneexpress, un tram-train de 123 places, relie chaque jour le centre de l’agglomération à l’aéroport de 5 heures à minuit. Avec un tarif modéré et une prise en charge partielle pour les salariés de l’aéroport. Intéressant pour les 23 % d’entre eux qui viennent de Lyon. Pour les 15 % issus des communes riveraines, une ligne de cars dédiée a été mise en place début 2014. À ces possibilités, le PDIE ajoute le covoiturage depuis 2012, avec un site Lyon-Saint-Exupéry sur le portail du conseil général du Rhône, encore peu investi mais pertinent pour les salariés à « horaires extrêmes », de nuit.

« Le covoiturage réduit le risque d’accident du travail, explique la coordinatrice du PDIE. La nuit, on est plus vigilant à deux. » Aujourd’hui, 20 salariés de DHL Express, entreprise adhérente au PDIE, covoiturent, dont 14 de nuit, contre deux auparavant. « L’état d’esprit évolue malgré la crainte de monter dans la voiture d’un autre ou la difficulté à changer l’organisation familiale », se félicite Diego Lopez, correspondant Go-Green chez DHL. « Les déplacements sont très liés aux habitudes et aux modes de vie », ajoute la coordonnatrice du PDIE, qui pousse aussi le développement du télétravail ou d’activités de loisirs sur la plate-forme.

Le vélo peut également faire partie de la panoplie des modes doux mis en place. Récemment, aux côtés d’autres adhérents du PDIE, DHL Express a remporté un challenge régional « mobilité » : le 5 juin, 25 de ses 117 salariés étaient venus travailler à vélo, le directeur faisant jusqu’à 85 km pour l’occasion. Pour l’instant, l’aéroport n’offre que trois parkings d’une dizaine de places. Mais ce nombre devrait évoluer. Et, ajoute la référente PDIE, « en 2015, nous créons un service de vélos en libre service pour circuler sur la plate-forme ».