COLAS BÉTONNE SES RELATIONS AVEC LES GEIQ

Le groupe de BTP Colas (61 000 salariés) structure sa politique d’insertion afin de mieux répondre aux clauses sociales des marchés publics et d’atteindre 4 % d’alternants. Amorcée par une collaboration ancienne avec les centres de l’Épide (Établissement public d’insertion de la Défense) et, depuis 2012, avec le réseau des 60 entreprises de travail temporaire d’insertion (ETTI) d’Adecco, elle se déploie désormais grâce à une convention de partenariat, signée le 22 mai avec le CNCE-Geiq (le Comité national de coordination et d’évaluation. L’organisation de Colas étant décentralisée, cette convention va être déclinée en accords régionaux, suivis chacun par un Geiq « pilote ». Le premier accord passé porte sur Rhône-Alpes-Auvergne.

« En 2013, nous avons signé plus de 100 contrats avec des Geiq, explique Antoine Cristau, responsable diversité du groupe. Mais nos filiales y ont recours de manière inégale. » Une demande de structuration est venue des Geiq BTP Isère-Drôme-Ardèche, Loir-et-Cher et Pyrénées-Orientales, et de responsables de filiales de Colas démunis face aux clauses d’insertion. Ils ont donc participé à l’élaboration de la convention, comportant des outils en annexe.

Anticipation des besoins

La convention stipule notamment que, dans chaque région, les représentants des Geiq et de Colas se rencontrent chaque année en mai, afin d’anticiper les recrutements de septembre en contrats de professionnalisation. Les responsables des Geiq s’engagent aussi à corédiger la description des actions d’intégration, de formation, etc., et à fournir des attestations d’heures et de parcours, utiles à l’entreprise pour répondre aux clauses sociales. Les « facilitateurs » (missions locales, associations…) seront aussi informés que Colas privilégie la globalisation des heures d’insertion, qui permet de proposer des contrats plus longs : « Une même personne peut par exemple être embauchée au titre de trois chantiers à clause sociale », explique Antoine Cristau.

Un référentiel commun de compétences

Pour susciter des vocations et confirmer la motivation des candidats, des visites de chantiers et de centres de formation seront organisées. À la demande de Colas, une attention particulière doit être portée aux candidatures de personnes handicapées et à celles des sortants de l’Épide. Un modèle de contrat de mise à disposition, ainsi qu’une procédure d’accueil et d’accompagnement, sont proposés en annexe à la convention. Un référentiel commun de compétences (savoir-faire et savoir-être) à acquérir, par métier, en 3, 6, 12 et 24 mois, a été construit conjointement. Adapté aux techniques locales éventuelles, il permet aux Geiq et à la filiale de Colas de choisir ensemble les organismes de formation sollicités.

En parallèle, Antoine Cristau forme les managers à l’insertion (réglementation, pratiques, acteurs, publics…). « Dans chaque région, cela concerne le directeur, les chefs d’établissement, les adjoints d’exploitation, le RRH, les tuteurs, mais aussi le responsable du bureau d’études qui répond aux appels d’offres et les commerciaux qui peuvent faire de cette politique un argument », détaille-t-il. Une quarantaine de ces ateliers, coanimés par des « facilitateurs » et des représentants de Geiq et d’ETTI, ont déjà été organisés, et autant le seront d’ici à 2015.

Financée pour l’heure par le budget diversité, cette demi-journée fera à terme partie d’un module de formation « management de la diversité » du campus interne. « Nous n’avons cependant pas d’objectif quantitatif en matière d’insertion, commente le responsable diversité, car cela dépendra beaucoup de la conjoncture. »

* Établissement public d’insertion.