DES PARTIES PRENANTES FORTEMENT IMPLIQUÉES

En 2001, Lafarge publie son premier rapport annuel de développement durable avec deux ans d’avance sur les obligations légales. Un rapport qui laisse aujourd’hui la parole aux ONG, syndicats et experts, de manière très atypique, et qui continue à être publié, malgré l’évolution de la réglementation initiée par la loi Grenelle 2.

« Nous produisons désormais un rapport intégré, c’est-à-dire que le document de référence inclut un chapitre spécifique sur notre stratégie et nos performances environnementales et sociales, explique Alan Kreisberg, directeur développement durable du groupe. Mais nous produisons toujours le rapport développement durable, dans lequel nous cherchons plus à expliquer et mettre en perspective les actions menées pour améliorer nos performances. » Le groupe assure ne pas avoir ajouté de nouveaux indicateurs, parce qu’il renseigne déjà ceux exigés par la réglementation française, ceux recommandés par le Global reporting initiative (GRI) mais aussi ceux de l’Initiative ciment pour le développement durable (cofondée par Lafarge avec une vingtaine de cimentiers mondiaux). « Le groupe est très actif en matière de RSE et de reporting, assure Philippe Springinsfeld, coordinateur national CFTC du groupe et membre du comité européen. Il est par exemple à la pointe sur la traçabilité des déchets et leur traitement. »

Rapport intégré

Basé sur une autoévaluation des pays, le reporting annuel est ensuite certifié par Bureau Veritas, avec souvent quelques préconisations à la clé: « Concernant les indicateurs sécurité, bien qu’aucune anomalie significative n’ait été détectée, la collecte des heures travaillées des prestataires sur site doit être renforcée », écrivent par exemple les auditeurs. « Lafarge exige les mêmes standards de sécurité dans tous les pays et fournit de plus en plus d’informations sur la sécurité chez les fournisseurs et sous-traitants », se réjouit Patrice Ponceau, membre CFDT du comité européen. Le leader mondial des ciments s’est aussi fixé des objectifs volontaristes dans plusieurs domaines, dans le cadre de son projet Ambitions 2020. Des objectifs qu’il fait apparaître dans son dernier rapport annuel, à côté des résultats des trois dernières années: zéro décès (3 en 2013), 35 % de femmes occupant des postes de direction (18,6 % aujourd’hui) ou encore 100 % de sites disposant d’un plan de réhabilitation des carrières (85 % aujourd’hui).

Des visites possibles sur les sites

Avant d’être finalisé, le rapport développement durable est présenté au panel des parties prenantes (9 membres), qui comprend notamment WWF, une architecte, deux indépendants, le secrétaire du comité européen et un représentant d’un syndicat international du bois et de la construction. Chacun s’exprime dans le rapport lui-même, sous forme de tribune, pour louer les actions entreprises (« je suis très impressionné par le projet sur le logement abordable », écrit le représentant de l’ONG Care) ou pour demander d’aller plus vite (« les réductions d’émissions de mercure sont décevantes », juge l’expert de WWF). « Avec également la possibilité de visites de site », ajoute Alan Kreisberg.

Après avoir conclu en 2005 un premier accord international sur la RSE et les relations sociales, Lafarge en a signé un nouveau en mai 2013, avec trois fédérations syndicales internationales. Un texte qui renforce notamment les engagements envers les sous-traitants et sur le règlement des litiges. « Le secrétaire du comité européen participe désormais au comité de suivi annuel de l’accord », relève le cédétiste Patrice Ponceau, qui espère préserver ces acquis dans le cadre du projet de fusion avec le Suisse Holcim, moins avancé en matière de dialogue social et de RSE.

LAFARGE

• Activité : fabrication de matériaux de construction.

• Effectif monde : 64 000 salariés.

• Chiffre d’affaires 2013 : 15,2 milliards d’euros.