“SE REPOSER OU ÊTRE LIBRE”
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Les pays européens pourraient disparaître du “top 10” des économies mondiales après 2050 avec des conséquences négatives au niveau social, puisqu’il est clair qu’aucun progrès en la matière ne peut valoir durablement s’il est déconnecté de la performance économique. À l’heure des élections européennes, Michel Barnier, commissaire européen chargé du marché intérieur et des services, rappelle que la dette publique des États et notamment celle de la France n’est pas bruxelloise mais provient d’un laxisme dans la gestion des finances publiques, qui coûte très cher aux citoyens et grève l’avenir des générations futures qui devront en assumer la charge.

En revanche, une Europe rigoureuse sans être austère représente, selon lui, la meilleure chance pour le pays, ses citoyens et ses travailleurs, de ne pas tomber sous la coupe des marchés financiers et perdre définitivement sa souveraineté économique, politique et sociale. Les Français ont beau pester contre les réglementations européennes, puisque la crise financière a montré à l’envi que les marchés ne s’autorégulent pas, seules la cohérence et donc la réglementation peuvent préparer une Europe fédérale, nécessaire pour maîtriser et humaniser la mondialisation. Beaucoup reste à faire, notamment au plan des régulations financières et de la fâcheuse tendance des pays européens à jouer les uns contre les autres, mais il s’agit, là encore, selon l’auteur, davantage d’un déficit de cohésion européenne que d’un excès. Ce livre est un appel aux Européens pour défendre leurs intérêts.

Se reposer ou être libre

Michel Barnier, Gallimard, 240 pages, 11,50 euros.