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Le rendez-vous de la formation

« Les grands groupes songent à gérer le CPF en interne »

Le rendez-vous de la formation | Interview | publié le : 11.02.2014 | L. G.

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« Les grands groupes songent à gérer le CPF en interne »

Crédit photo L. G.

E & C : Comment réagissent les entreprises adhérentes d’Entreprise & Personnel au projet de loi sur la formation ?

B. M. : L’ambiance n’est pas négative sur le sens de l’évolution, mais l’entretien tous les deux ans, les actions de formation obligatoires, le CPF… créent des interrogations fortes sur la mise en œuvre et leur impact sur les pratiques de GRH.

La disparition du 0,9 % donne l’opportunité de se questionner sur les modalités pédagogiques, la déscolarisation de la formation et la fin de l’imputabilité. Mais, pour certains, l’ANI et la loi vont trop loin dans les précisions techniques – nombre d’heures de CPF, amende en cas de non-réalisation… Chacun comprend que ce texte est le compromis d’un instant. Ainsi, le CPF est perçu comme le début de quelque chose qui peut être important. Son architecture est inachevée, voire rudimentaire, mais il a deux points forts :

c’est un droit qui appartient au citoyen, et le concept d’abondement peut aller très loin. D’autres se demandent de quoi seront capables les Opca avec 1 % de collecte.

E & C : Quelle attitude vos adhérents adoptent-ils sur la gestion en interne du 0,2 % CPF qui permet de s’exonérer d’un versement à l’Opca ?

B. M. : Clairement, les très grandes entreprises peuvent être intéressées à gérer le 0,2 % CPF en interne. Les partenaires du dialogue social interne de ces groupes ont envie de travailler sur cette question.

E & C : Justement, le développement du dialogue social sur la formation est un des paris de la loi. Les IRP en ont-ils les moyens ?

B. M. : C’est un point sensible. Législateur et partenaires sociaux font semblant de croire que tous les acteurs du dialogue social ont les capacités à construire ce dialogue interne sur la formation. Or, le niveau technique nécessaire en local, au niveau groupe ou au niveau branche n’est pas souvent atteint par les négociateurs, et des deux côtés ! Cette loi implique à tous de monter en compétences.

C’est quasiment une mission de service public qui appelle des qualifications importantes, donc un apprentissage. Et le financement du paritarisme déconnecté de la formation mettra fin aux mauvaises accusations.

Auteur

  • L. G.