CKD MET EN COHÉRENCE LES ACTES DES MANAGERS AVEC LEURS PAROLES

L’entraînement à l’“excellence comportementale” : CKD a testé et approuvé. L’entreprise de construction de 100 salariés basée à Mulhouse (Haut-Rhin) a engagé ses neuf principaux dirigeants dans ce cursus singulier. Conçu par le cabinet KPM-Krauthammer, il consiste à faire travailler les managers sur un changement de leurs comportements afin d’aboutir à « une cohérence entre leurs actes et les valeurs prônées par leur entreprise ». Il postule donc qu’il subsiste un écart entre intentions et réalité, sur des thèmes aussi variés que l’évolution du collaborateur, le fait de lui accorder plus d’autonomie tout en exprimant des exigences de résultat, les tensions au quotidien en contradiction avec l’objectif du bien-être en entreprise…

Changer concrètement

KPM-Krauthammer, cabinet international, annonce disposer d’une base de 270 modules pour son “training”. Son dirigeant Jocelyn de Just préfère ce terme à celui de formation, compte tenu de l’organisation du parcours. « Il se déroule en trois à six étapes d’un mois chacune : les managers passent une journée entière avec nous pour travailler en situation, puis ils ont tout un mois pour mettre en application dans le réel, sans notre assistance. » Jalonnée d’outils spécifiques d’évaluation, la journée permet à chaque participant d’identifier quatre ou cinq thèmes sur lesquels changer concrètement ses attitudes, auprès de qui et à quelle occasion prochaine. C’est la feuille de route dont la progression sera examinée à la session suivante, de la façon la plus objective possible.

Avec les temps de préparation, le programme s’étale sur près d’un an. « Nous considérons cette durée comme nécessaire pour générer un changement durable, sur ce sujet du comportement individuel qui obéit à une inertie naturelle », justifie Jocelyn de Just.

Pour CKD, le cursus achevé l’automne dernier a représenté un coût de 80 000 euros financé à 100 % par l’entreprise. Son Pdg et fondateur Claude Kesser, lui-même partie prenante du training, en redemande : un bilan d’étape sera dressé en ce début 2014 afin de poursuivre la démarche. « L’initiative a déjà décloisonné les services, elle mélangeait d’ailleurs à dessein équipes administratives et techniques. Je crois qu’elle aide à résoudre les petits conflits qui empoisonnent la vie quotidienne. La communication passe mieux, même si tout n’est certainement pas devenu parfait », estime-t-il.

Dans le cas de CKD, un important travail de définition des valeurs de l’entreprise a été me­né, un préambule indispensable selon le cabinet de training. « Nous avions besoin que les managers aux profils différents se dotent d’un même code de compréhension du quotidien de l’entreprise, qu’ils adoptent un langage commun pour le restituer entre eux et vis-à-vis de leurs collaborateurs », confirme Claude Kesser.

Seize valeurs

Quatre chapitres à l’intitulé général (audace, proximité, professionnalisme, confiance) se déclinent en 16 valeurs plus précises, telles que l’écoute du collaborateur, la reconnaissance du travail accompli, la concision ou la capacité à remettre en cause son propos avant de le transmettre.