FIN DE CARRIÈRE AMÉNAGÉE

L’accord d’octobre 2011 de prévention de la santé des salariés pour l’UES (unité économique et sociale) de Vendée de Fleury-Michon – laquelle, avec 3 117 salariés, concentre la grande majorité de l’effectif du groupe – illustre la politique de l’entreprise en la matière. « Nous avons voulu sortir de la logique de la préretraite pour construire un dispositif pérenne et, à ce titre, équitable pour les jeunes générations… qui elles aussi avanceront en âge. L’approche se veut aussi la plus individualisée possible afin de tenir compte de la nature des postes occupés par chacun durant sa carrière. La voie choisie est celle du maintien au travail en bonne santé », commente Régis Lebrun, directeur général du célèbre groupe de produits alimentaires.

Diagnostic systématique

Les postes font l’objet d’un travail d’amélioration de leur ergonomie. L’accord introduit un diagnostic systématique de leur pénibilité selon les méthodologies préconisées par la loi de novembre 2010. Dans le cas de Fleury-Michon, la pénibilité est évaluée notamment à l’aune de l’exposition au froid et du travail de nuit. Ces facteurs ouvrent droit à des bonifications dans les mesures d’aménagement de fin de carrière proposées durant les trois dernières années de vie professionnelle.

L’une d’elles utilise le compte épargne-temps pour anticiper le départ à la retraite. À l’abondement de branche de 20 %, l’entreprise ajoute 10 % pour un certain nombre d’heures de travail de nuit ou pour un travail posté de jour pendant dix ans s’il a été occupé à plus de la moitié du temps en environnement froid. Un travail posté de même durée mais moins pénible ouvre droit à un bonus de 5 %. Autre mesure de fin de carrière, l’aménagement de la majorité du temps de travail sur quatre jours peut se doubler d’un passage à temps partiel à 80 % pour ceux qui ont occupé les postes les plus contraignants, moyennant la prise en charge partielle de la perte de rémunération et de cotisations sociales.

Pour les salariés de tous âges, le souci de prévention se traduit notamment par une rotation de postes voulue aussi systématique que possible. « Un opérateur pourra changer de poste toutes les deux heures, et un conducteur de lignes pourra changer de ligne plusieurs fois par semaine », explique Peggy Kerjean, DRH du groupe. L’entreprise identifie aussi la polyvalence comme un agent efficace contre l’usure, et en particulier contre la répétitivité génératrice de TMS, la principale source de ses quelque 60 maladies professionnelles déclarées. Elle annonce un peu plus de 600 actions de développement des compétences dans son plan de formation de 2012 à 2014.

Recrutement de seniors

Le volet employabilité des seniors de l’accord comporte un objectif de maintien en poste mais aussi de recrutements de personnels de plus de 55 ans. Il s’appuie sur l’entretien de seconde partie de carrière et sur l’étude annuelle du CHCST sur les conditions de travail des seniors. Ceux-ci sont encouragés au tutorat. L’objectif de 50 % de tuteurs seniors n’est pas encore atteint en « stock », mais, « chaque année, ils représentent bien la moitié des nouveaux tuteurs », souligne Peggy Kerjean. L’accord fixe un objectif d’augmentation du personnel senior d’ici à fin 2014, qui est dépassé dès aujourd’hui grâce au maintien dans l’emploi et aux embauches – en CDD – ; les plus de 55 ans sont passés de 9 % à 14 % de l’effectif de l’UES.

L’accord n’a pas été signé par FO ni par la CGT. Seules la CFDT majoritaire et la CFE-CGC ont apposé leur paraphe. « Le texte consolide une culture de prise en compte de la pénibilité en affinant les dispositions pour tenir compte de l’historique de chacun, commente Alain Ansel, délégué central CFDT. Tout n’est pas parfait, nous souhaitons par exemple revoir le dispositif de retour en journée des travailleurs de nuit, qui ne fonctionne pas. Mais, au global, les salariés s’y retrouvent ».

FLEURY-MICHON

• Activité : préparation de produits frais cuisinés.

• Effectifs : 3 730 salariés (groupe), dont 3117 dans l’UES de Vendée.

• Chiffre d’affaires : 691 millions d’euros en 2012.