“LA DOMINATION”
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Ce livre du père de la sociologie moderne, Max Weber (1864-1920), texte majeur sur la scène intellectuelle internationale, était non traduit en français jusqu’à ce jour. L’auteur y développe des concepts clés, notamment ceux relatifs à la distinction des différents types de domination (bureaucratique, patrimoniale, féodale ou charismatique) et le concept de “conduite de vie”, qui prélude à ce que sera plus tard le concept bourdieusien “d’habitus”.

Nous saisissons là la pensée sociologique en amont du cloisonnement entre les différentes sciences humaines qui prévaudra par la suite et qui tend parfois aujourd’hui à stériliser la pensée, tant chacun est attaché à son pré carré. Weber passe sans cesse du social au politique, à l’histoire, à l’économique, ce qui lui permet de présenter les phénomènes sociaux comme corrélés non à une seule mais à de multiples causes. Le social n’est pas chez lui comme chez Marx réduit à n’être qu’une simple superstructure de l’économique. Nombre de facteurs non économiques influencent, selon l’auteur, les modes de production: un même mode peut correspondre à des systèmes politiques différents.

On serait tenté de penser, lorsque l’on voit la Chine communiste passée à l’économie capitaliste, que l’histoire récente lui donne raison. Un ouvrage qui invite à ne pas penser séparément le politique et les logiques de pouvoir à l’œuvre dans l’entreprise.

La Domination Max Weber, La Découverte, 430 pages, 29 euros.