70 % d’embauches après la POE

Le groupe Facilicom, 4 000 salariés en France, spécialiste du nettoyage industriel, de la sécurité humaine et de l’accueil, a de gros besoins de recrutements. Il recourt depuis plusieurs années au dispositif de préparation opérationnelle à l’emploi (POE) et en a organisé 150 pour la seule année 2013. Son objectif ? Sécuriser ses embauches dans un secteur où il est difficile d’attirer et de garder les salariés : « Quand nous recrutons sans préparation préalable, neuf fois sur dix, c’est un échec, constate Jérôme Gimenez, DRH du groupe en France. Les candidats n’ont pas la technicité ni la productivité requises, ils découvrent les contraintes du métier et ne tiennent pas la journée. »

Appréhension des exigences du métier

Avec le dispositif de POE, les candidats sélectionnés par Pôle emploi – des personnes éloignées de l’emploi – suivent une formation ad hoc, et l’entreprise s’engage à les embaucher à son issue. Durant cette période, ils sont considérés commes des stagiaires de la formation professionnelle et rémunérés par Pôle emploi. « Ils ont le temps d’appréhender les exigences du métier en situation réelle de travail. De notre côté, nous pouvons apprécier leur assiduité et leur motivation. Et, si en fin de formation, ils souhaitent continuer chez nous, nous sommes quasiment sûrs de ne pas nous tromper », ajoute le DRH. Sur un total de 150 POE en 2013 (100 en propreté, 25 en accueil et 25 en sécurité), 80 ont conduit à une embauche et le DRH compte sur 100 à 120 sorties positives vers l’emploi. « Il y en a toujours quelques-unes qui abandonnent en cours de formation, ne veulent pas continuer dans ce métier, ou qu’on ne souhaite pas garder, mais, sur dix personnes qui commencent une POE, une moyenne de six ou sept reste chez nous après », constate Jérôme Gimenez. Le stagiaire est donc recruté soit en CDD de 12 mois, soit en CDI, soit en contrat de professionnalisation dans une entreprise du groupe.

« Nous essayons de proposer 50 % de contrats de professionnalisation, cela permet aux personnes de continuer à se former et de valider un CQP de machiniste, de laveur de vitre ou de chef d’équipe », précise Gil Guignard, directeur de Facilicom conseil et Formation (lire l’encadré). Une vingtaine de salariés issus de la POE sont actuellement en contrat de professionnalisation avec un CQP à la clé. Ceux en CDD ou CDI peuvent bien sûr bénéficier d’autres formations en interne et notamment des modules d’alphabétisation.

Longue mise en place

Pour Facilicom, la POE est donc une formule qui marche. La seule ombre au tableau concerne les démarches administratives en amont. Il faut d’abord trouver des candidats via Pôle emploi, présenter le métier et l’entreprise lors de réunions d’information collective, puis monter les dossiers. « Une fois le candidat trouvé, il faut compter deux à trois semaines de délai pour le montage du dossier ; ça ne va pas aussi vite qu’on le souhaiterait », indique Gil Guignard.

En Ile-de-France, où sont concentrées la majorité de ses embauches, Facilicom a passé un contrat de service avec Pôle emploi de manière à avoir un référent unique, l’agence de Sucy-en-Brie, qui traite toutes les demandes du groupe. « Le problème est que Pôle emploi ne tient pas le rythme, notre conseiller est débordé, et on n’obtient pas le nombre de candidats demandés dans les délais impartis. Nous devons sans arrêt les relancer, regrette Jérôme Gimenez. Du coup, malgré l’intérêt du dispositif, son déploiement à grande échelle prend beaucoup de temps pour un DRH. »

UNE FORMATION EN INTERNE

Spécificité de la POE à Facilicom : le groupe a créé son propre organisme de formation – Facilicom Conseil et Formation – qui conçoit et dispense les modules de formation distribués lors de cette POE, avec l’accord des Opca Fafiec et Opcalia qui cofinancent le dispositif avec Pôle emploi. Sur l’ensemble des candidats choisis par l’entreprise, la moitié a moins de 25 ans. La formation dure entre 280 et 330 heures selon l’expérience du candidat. Une convention est signée entre Pôle emploi, le candidat, l’entreprise et l’organisme de formation. « Comme les stagiaires n’ont pas travaillé depuis longtemps, il faut commencer par bien expliquer les attentes du client en matière de comportement : ponctualité, tenue, politesse », indique Gil Guignard, directeur de Facilicom Conseil et Formation.

Le matin, les stagiaires suivent des modules théoriques en salle, sur les techniques de nettoyage, le dosage des produits, etc., et l’après-midi, ils mettent en pratique sur un site du groupe. « Ils sont d’abord en binôme, puis travaillent de manière autonome, en immersion chez un client, dans les conditions réelles du métier, donc en horaires décalés », souligne Gil Guignard.

Les stagiaires passent aussi le certificat de secouriste, de conduite d’engins et nacelle, une habilitation électrique, et suivent une formation gestes et postures avec des organismes extérieurs.