L’AGEFOS-PME ALSACE LANCE LE CHANTIER DES SENIORS EN PME

L’Agefos-PME Alsace le sait : avec la gestion des âges, elle n’a pas choisi la facilité pour décliner le programme national de GPEC territoriale de l’Opca. Elle entre dans le sujet par le thème d’actualité du contrat de génération et, pour ce faire, a lancé l’offre “pack seniors” le 19 septembre. Il s’agit d’abord d’un diagnostic gratuit d’une journée auprès des PME de moins de 300 salariés – c’est-à-dire celles non tenues d’appliquer la nouvelle disposition vu leur taille. Conduit par l’Apec, ce travail identifiera les compétences clés ainsi que les salariés à former pour appliquer le contrat. Il doit déboucher sur un plan de préconisation pour les entreprises volontaires.

Seconde partie de carrière

Deuxième thème, la préparation à la seconde partie de carrière, assurée par les équipes d’Agefos ou des organismes externes selon l’ampleur que prendra la demande, débutera en octobre par des appuis-conseils aux entretiens, avant les étapes suivantes, dont la formation des managers concernés. Suivra l’aide pour la transmission des savoir-faire avec formation des tuteurs.

Enfin, dernière action à partir de janvier 2014 : la pénibilité, avec l’Actal, représentation régionale de l’Anact. « Le sujet sera abordé en entreprise de façon collective, sous l’angle préventif dans l’optique du maintien dans l’emploi, en recherchant une palette de réponse plus large que l’adaptation-allégement du poste de travail. Il s’agit par exemple d’explorer le temps partiel choisi… et pas seulement pour les femmes », précise René Malatrait, directeur d’Agefos-PME Alsace.

Conscience de l’enjeu

L’Opca espère entraîner une trentaine ou une quarantaine d’entreprises du bassin de Molsheim de moins de 50 salariés, et de ce fait non obligées à un plan ou à un accord seniors. Parmi ces entreprises, les plus de 45 ans représentent 44 % des effectifs.

L’enquête confiée à MAP Territoires est riche d’enseignement sur le décalage entre la conscience de l’enjeu et la mise en œuvre de réponses. « Alors que l’entreprise se préoccupe du départ à la retraite de son salarié dès l’âge de 58 ans, elle attend ce départ pour recruter le remplaçant. Le lien manque », relate Benoît Rabot, consultant MAP. Seules deux entreprises ont déclaré mettre en place un binôme. Mais 95 % veulent à présent se renseigner sur le contrat de génération, donc promis – peut-être – à un bel avenir dans ce bassin d’emploi.

« Près d’une entreprise sur deux ne mène pas d’entretien professionnel, au motif que, dans une PME, on se rencontre tous les jours. Et pratiquement aucune ne fait la distinction entre entretien annuel et entretien de seconde partie de carrière », poursuit Benoît Rabot. Les formations spécifiques pour les salariés seniors sont quasi inexistantes malgré le constat d’un besoin d’adapter leurs compétences (aux NTIC ou à l’e-commerce, par exemple). Celles pour l’encadrement des seniors sont fort marginales, observe aussi l’enquête.

Phase pilote

L’Agefos voit ce “pack seniors” de quelques mois comme une phase pilote qui représente un coût de 82 000 euros, dont 45 % de subventions FSE. Si la mayonnaise prend, l’Opca montera un plan 2014-2016 avec une sollicitation du fonds européen. Qui pourrait alors se déployer dans toute l’Alsace.