L’intéressement : tout bénéfice ?

Depuis la crise, les augmentations plafonnent chaque année entre 2,6 % et 2,8 %, contre 3,2 % à 3,5 % avant 2008. Corollaire de cette disette salariale : une individualisation de plus en plus marquée. Du coup, après des NAO souvent tendues, l’intéressement, forme de bonus collectif, revient au centre des discussions entre les partenaires sociaux.

L’explosion du taux du forfait social qui lui est appliqué, passant de 8 % à 20 % en 2012, pousse aussi les entreprises à revoir leur accord, au motif que les primes vont coûter plus cher.

Certes, l’intéressement adossé à un PEE n’est plus tout à fait le petit paradis fiscal qu’il fut. Mais cette forme de rémunération demeure séduisante pour l’employeur – les primes ne sont pas soumises aux charges patronales, déduites de l’assiette de l’impôt sur les bénéfices, parfois éligibles au crédit d’impôt – ainsi que pour le salarié, qui n’acquitte que la CSG-CRDS sur ces sommes, exonérées en outre de l’impôt sur le revenu si elles sont épargnées.

Il reste à faire de l’intéressement plus qu’une cerise sur le gâteau de la NAO, notamment en revoyant ses critères pour les décorréler du seul résultat financier, la participation obligatoire y étant d’ailleurs consacrée. L’occasion de bâtir avec les partenaires sociaux un outil capable de récompenser d’autres performances, plus visibles depuis les ateliers ou les bureaux, et nécessaires elles aussi à la santé de l’entreprise… tout en gardant l’œil sur la masse salariale.