SEPT INDUSTRIELS DU HAUT-RHIN PRENNENT EN MAIN LA FORMATION MAINTENANCE

La formation disponible en catalogue ne répondait pas tout à fait aux attentes de contenu, ni aux besoins de recrutement des entreprises. Alors celles-ci ont décidé d’en monter une elles-mêmes. Pas contre l’Éducation nationale, mais avec elle. Sept industriels du bassin de Saint-Louis (Haut-Rhin) se sont donc associés au Greta de Haute-Alsace pour construire une version remaniée et sur mesure du BTS maintenance industrielle débouchant sur un titre professionnel bac + 2 du ministère du Travail. « Par rapport à l’offre existante, nous ajoutons l’anglais et la communication-savoir-être à la demande des entreprises. Et le cursus est assuré en douze mois au lieu de dix-huit », souligne Sonia Razgallah, directrice déléguée du Greta de Haute-Alsace.

Une spécialité devenue rare

Aux quelque 1 700 heures de théorie et de pratique, les industriels ajoutent 21 interventions d’une demi-journée chacune, assurées par leurs dirigeants, leurs cadres ou leurs techniciens. « Ceci permet de souligner l’importance de la fonction de la maintenance, non seulement sur le plan technique, mais aussi du point de vue économique : chargé de mettre en route, de surveiller et éventuellement de dépanner des installations, souvent sur site extérieur, le spécialiste de la maintenance industrielle est notre interface de terrain avec le client », indique Philippe Genevé, directeur des services d’Endress+Hauser (site de Huningue), l’un des industriels partie prenante. Située à l’intersection de compétences aussi diverses que l’automatisme, la mécanique, l’électricité, la métrologie ou encore l’hydraulique – toutes matières enseignées dans le titre professionnel – la spécialité maintenance devient une denrée rare du côté de Saint-Louis. Les entreprises attribuent ce phénomène au déficit d’image des postes et carrières de technicien en industrie.

La formation se déroule en deux temps. De janvier à avril dernier, elle a débuté par une préqualification de 580 heures financée par Pôle emploi (2 500 euros par stagiaire) et la région Alsace. Depuis mai et jusqu’à fin décembre, les candidats sont embauchés en contrat de professionnalisation, avec financement intégral ou quasi intégral des coûts pédagogiques en fonction de l’Opca de rattachement des entreprises : Opcaim-Adefim (métallurgie), Opca Défi (chimie-pharmacie) et Forco (commerce et distribution). Cette seconde partie de cursus comprend 1 110 heures dont 700 de pratique.

Objectif : la signature d’un CDI

La promotion compte neuf stagiaires sur un effectif initial de onze, deux ayant renoncé en cours de route. À partir d’un niveau prérequis bac ou bac pro, ou une expérience significative dans le domaine, leur sélection a également suivi un processus par étapes. Soixante personnes ont d’abord assisté à une réunion d’information collective. Trente sont revenues pour la journée de recrutement, marquée par un passage devant un jurymixte (entreprises et partenaires institutionnels) pendant pas moins d’une heure et demie : une vraie répétition d’entretien d’embauche, et ce n’est pas un hasard : « L’objectif est bien la signature d’un CDI une fois le diplôme obtenu », souligne Philippe Genevé. « Les candidats retenus disposaient souvent d’une première expérience professionnelle, ce qui est le profil privilégié par les entreprises », note Muriel Ketterlin, directrice de Pôle emploi Saint-Louis.

Si elle reste ouverte à d’autres entreprises qui souhaiteraient s’y associer, la formation ne doit pas se comprendre comme une école classique accessible à tous vents. Les industriels entendent rentabiliser leur investissement en temps et en argent par l’embauche chez eux de la perle rare. Le besoin restant élevé, ils prévoient une seconde promotion de même taille en 2014 avant, si possible, de pérenniser sur le long terme.