« UNE PRESSION PLUS FORTE QUE SOUS SARKOZY ! »

« Ce gouvernement nous met une pression plus importante encore que sous l’époque Sarkozy », déplore Paul Desaigues, conseiller formation initiale et continue à la CGT. Moins d’un semestre pour discuter et se mettre d’accord en vue d’un projet de loi, « c’est un calendrier impossible à tenir », juge-t-il. Il souhaite qu’un « droit d’initiative » à la formation, relevant du salarié, puisse faire partie du futur dispositif, mais estime que le mécanisme de régulation du refus de l’employeur devra être examiné de près, en particulier si la formation demandée fait partie d’une priorité de branche.

Le financement, question majeure

Jean-Pierre Therry (CFTC), comme tous les représentants syndicaux, reconnaît que le financement du compte personnel de formation est une question majeure. Il s’inquiète du futur fonctionnement et financement du Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP), « grand absent du document d’orientation », et plaide pour « qu’une réunion des financeurs soit intégrée à la concertation quadripartite État-régions-syndicats-patronat parallèle de la négociation. Il faut savoir qui met quoi au pot ! ». Le représentant de la CFTC juge lui aussi que le timing est serré et doute de la capacité des partenaires sociaux à aboutir à un accord avant la fin 2013.

De son côté, Marie-Andrée Séguin, secrétaire confédérale CFDT en charge de la formation professionnelle, souhaite que le FPSPP soit en mesure de mobiliser ses fonds de manière plus rapide pour répondre à l’urgence sociale, et songe à « réfléchir à une facilitation de la commande d’appels à projets, dont la procédure aujourd’hui se révèle lourde et longue ». La CFE-CGC, elle, redoute que les cadres soient « les grands perdants de cette réforme », selon les mots de Dominique Jeuffrault, déléguée nationale à la formation professionnelle. Elle aussi estime « peu réalistes » les chances d’aboutir à un texte de loi avant la fin 2013 et demande de « laisser aux partenaires sociaux du temps pour négocier ».

De son côté, Alain Druelles, directeur adjoint de la formation au Medef, reconnaît que « la négociation qui s’annonce va se dérouler dans un cadre budgétaire contraignant », mais estime qu’on ne peut ignorer les évolutions récentes de la consommation de formation des entreprises : accroissement de la formation en interne, diversité des modes d’apprentissage et accès croissant à la connaissance, mesure du retour sur investissement dans les grandes entreprises. Autant de changements qui doivent être pris en compte par la réforme, juge-t-il.