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Enquête

UN NIVEAU DE PROTECTION SOCIALE ADAPTÉ AU MARCHÉ LOCAL

Enquête | publié le : 11.06.2013 | V. L.

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« En France, le groupe Total offre une protection sociale de très bonne qualité à ses salariés. Présents dans 130 pays, nous avons voulu adopter une philosophie similaire en faveur de l’ensemble de nos collaborateurs, notamment ceux des pays émergents. D’autant que, dans notre secteur, la protection sociale est un élément du package de rémunération, qui contribue à attirer et retenir les salariés », estime Jean-Rémi Bur, chef du département Mobilité internationale du groupe.

C’est une démarche d’harmonisation des différents niveaux de protection sociale des filiales qui a guidé Total : « Nous sommes un groupe intégré et toutes nos branches ne génèrent pas les mêmes résultats. Fallait-il dans un même pays proposer des garanties plus généreuses dans telle branche ou telle autre ? Nous avons choisi de proposer des avantages sociaux de même nature à tous nos collaborateurs dans le monde, avec des adaptations locales. » En Chine, grâce à cette stratégie d’harmonisation permettant de regrouper le risque chez un même assureur, certaines entités ont fait entre 15 % et 40 % d’économies, redistribuées à travers les garanties proposées.

92 % de salariés couverts

Au niveau du groupe, une garantie assurance décès toutes causes, en capital ou en rente, est fixée à hauteur de 200 % du salaire annuel pour tous les employés. Le taux de salariés couverts par cette garantie est passé de 87 % en 2011 à 92 % à fin 2012.

En frais de santé, Total couvre en priorité les soins ambulatoires, l’hospitalisation, le congé maladie et le congé maternité, avec la mise en place d’un forfait-jours et, si possible, les frais dentaires et d’optique. En règle générale, dans les pays émergents, l’employeur paie 100 % de l’assurance complémentaire santé, mais Total souhaiterait, quand cela est possible, responsabiliser les salariés en les faisant participer.

« Le groupe prend également des engagements sur les retraites en s’attachant à générer des revenus post-emploi permettant à ses anciens salariés de vivre correctement », ajoute Jean-Rémi Bur.

La mise en place d’un régime ou sa modification substantielle se réalise après l’étude d’un benchmark avec un conseil présent dans le pays : « Il faut avoir chiffré le coût annuel direct et connaître les engagements éventuels sur le plus long terme, précise le responsable. Cette étude locale est ensuite validée au niveau du groupe. De plus, nous avons des accords avec des réseaux mondiaux de pooling, ce qui permet aux filiales d’identifier des assureurs présélectionnés. Nous travaillons ainsi plus vite et nous aidons efficacement le DRH local, qui n’est pas forcément un spécialiste de ces sujets. »

Les garanties offertes se situent à la médiane du marché industriel de référence. « Dans tous les pays, nous proposons a minima une protection sociale qui est construite au regard de ce que pratique un panel d’industries de main-d’œuvre ou de transformation. Et, lorsqu’il y a des négociations locales, nous contrôlons leur cohérence avec ces éléments. »

Augmentation du taux de satisfaction

S’agissant des coûts engendrés par cet investissement, « ce sont les frais de santé qui reviennent le plus cher, mais ce coût varie en fonction des infrastructures et du système médical local. Nous n’avons que des informations partielles, parfois consolidées aux bornes d’un pays ou d’une région, mais pas de vision consolidée satisfaisante au niveau du groupe, même avec les remontées d’informations en provenance des réseaux de pooling », affirme Jean-Rémi Bur.

L’étalement de la mise en œuvre d’une cible de protection sociale en ligne avec le marché, à des échéances différées, peut permettre aux filiales de mieux anticiper la montée en charge du dispositif. Une aide financière du groupe est également possible, mais c’est une solution rare car elle ne permet pas de pérenniser le système.

Tous les deux ans, Total réalise une enquête de satisfaction qui lui permet d’interroger les salariés, notamment sur leur perception de la politique globale de rétribution. Entre 2009 et 2011, après le déploiement du projet et la communication effectuée, les taux de satisfaction des salariés en Chine, en Inde ou au Vietnam ont augmenté de dix à quinze points sur l’item de la protection sociale et ils se situent globalement à 51 % aujourd’hui. De plus, il apparaît, contrairement aux idées reçues, que les moins de 25 ans sont les plus satisfaits, particulièrement en Chine, en Inde et au Vietnam.

Et, pour être certaine que l’information sur les garanties est bien comprise localement, notamment auprès de salariés illettrés, l’entreprise organise une communication spécifique et impose aux assureurs qui travaillent avec elle des réunions dans les établissements sur le sujet.

TOTAL

• Activité : compagnie pétrolière.

• Effectifs : 97 000 salariés dans le monde, 40 000 en France.

• Chiffre d’affaires 2012 : 200 milliards d’euros.

Auteur

  • V. L.