NEXTER SE DOTE D’UN PERCO À ABONDEMENT VARIABLE

Les 2 700 collaborateurs du groupe d’armement français, âgés en moyenne de 47 ans, bénéficient à présent d’un Perco. « Il permet à tous les salariés d’avoir un troisième étage à leur retraite », estime Daniel Coutaudier, délégué syndical central (DSC) CFDT – majoritaire avec 40 % des suffrages –, qui a signé l’accord le 15 février dernier, tout comme la CFE-CGC (20 %). Sans surprise, la CGT, deuxième syndicat de l’entreprise (36 %), a refusé d’apposer sa signature. « Par principe, nous sommes opposés à un système de retraite par capitalisation », justifie Jean-Pierre Brat, DSC CGT.

Le dispositif a la particularité de permettre aux salariés, qui bénéficient d’un compte épargne-temps (CET), de verser sur le Perco jusqu’à dix jours monétisés par an, avec un abondement de l’entreprise de 30 %. « La monétisation du CET était une demande forte des partenaires sociaux, indique Michel Bratzlawsky, DRH de Nexter. Les salariés, notamment les cadres, utilisaient peu les jours qu’ils avaient accumulés et un certain nombre d’entre eux avait des CET bien remplis. »

Autre avantage, « le transfert vers le Perco permet de défiscaliser les sommes issues du CET qui, si elles étaient payées, seraient soumises aux charges sociales salariales et patronales et prises en compte dans le calcul de l’impôt sur le revenu, précise Jean-Pascal Gnemmi, responsable rémunérations du groupe. Nous avons abondé ces versements de façon importante, car nous avons accepté de reverser sous cette forme l’écart sur les charges patronales ».

Renégociation annuelle

Si l’accord a fixé les modalités relatives aux transferts du CET vers le dispositif d’épargne retraite, l’abondement des autres versements sur le Perco devra, lui, être débattu chaque année. Face à la conjoncture économique et aux restrictions budgétaires auxquelles est confrontée l’armée de Terre, la direction a préféré ne pas s’engager sur le long terme. « Les résultats de l’entreprise sont très fortement indexés sur sa capacité à remporter des parts de marché à l’exportation », justifie Jean-Pascal Gnemmi.

Jean-Pierre Brat s’en étonne : « Normalement, un accord grave les choses dans le marbre, alors qu’il nous faudra renégocier tous les ans. » De fait, le taux d’abondement sera, pour 2013, de 125 %, dans la limite de 500 euros, « bien loin de la limite de 300 % prévue par le législateur », déplore le DSC CGT. « Nous sommes dans la moyenne de ce que pratiquent les autres entreprises, se défend le responsable rémunérations. Lorsqu’un salarié verse 400 euros sur son Perco, il épargne un total de 900 euros bruts. »

Augmentations salariales

Mais Jean-Pierre Brat persiste. Selon lui, l’épargne salariale est illusoire : « La direction bride les politiques salariales. Les salaires n’augmentent pas ou peu depuis des années, et c’est bien avec les salaires qu’on forge les retraites. » Un argument balayé par son homologue à la CFDT : « Alors que nous venons d’obtenir l’ouverture du Perco, la direction a accepté une augmentation générale de 1 %. Cela n’était pas arrivé depuis 2006, se félicite Daniel Coutaudier. Ce qui prouve qu’épargne salariale et augmentations générales ne sont pas antinomiques. » Augmentations individuelles comprises, les NAO ont abouti cette année à une enveloppe d’augmentation de 2,3 %. S’y ajoute le versement de la participation de l’entreprise, qui a atteint 6,1 % de la masse salariale. Soit un mois de salaire net.