“NOTRE POISON QUOTIDIEN”
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À l’heure où la responsabilité sociale est un thème porteur de valeur pour les entreprises, la réédition au format de poche de cet ouvrage, initialement paru en 2011, pointe du doigt la responsabilité de l’industrie chimique dans l’épidémie de maladies chroniques qui frappent notre société.

L’auteure, journaliste, qui avait déjà défrayé la chronique avec Le monde selon Monsanto, ouvrage consacré au numéro un mondial de la fabrication d’OGM, dénonce ici les dangers des molécules manipulées dans les secteurs agricole et industriel, voire des molécules chimiques présentes dans notre environnement et nos aliments du fait des modes de production industriels des produits alimentaires, de l’usage des carburants, des conservateurs, peintures, insecticides et autres.

Si, dans la postface à l’édition de 2013, l’auteure se félicite que les pouvoirs publics s’emparent enfin du sujet et alertent sur les dangers non seulement des molécules mais également de l’effet cocktail de toutes ces substances dont les doses infimes finissent par s’accumuler et potentialiser leur effet dans notre organisme, elle rappelle cependant, tout au long de l’ouvrage, que la toxicité des produits chimiques n’est pas une découverte récente, mais un danger dont les industries productrices étaient déjà conscientes dès le début du 20e siècle.

L’histoire des maladies de civilisation coïncide donc avec un siècle de déni, de publicités mensongères, de contrevérités savamment entretenues, d’intimidation de ceux qui ont cherché à révéler la vérité, de collusion entre les intérêts des firmes et ceux des politiciens. Où l’on voit que les responsables RSE ont vraiment du pain sur la planche !

Notre poison quotidien

Marie-Monique Robin, (réédition) La Découverte, 300 pages, 13 euros.