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Il faut libérer le financement de l’e-formation

Actualités | L’INTERVIEW | publié le : 23.04.2013 | LAURENT GERARD

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Il faut libérer le financement de l’e-formation

Crédit photo LAURENT GERARD

E & C : L’Afinef présente 25 propositions visant à permettre « un impact économique et sociétal des nouvelles technologies pour l’éducation et la formation ». L’une d’elles porte sur le financement via les Opca et les entreprises. Que proposez-vous exactement ?

Y. D. : D’améliorer les conditions d’imputabilité sur les budgets formation des entreprises et de prise en charge par les Opca des actions d’e-formation. L’idée est d’agir par l’action directe du politique – négociation, loi, décret… –, et sur les Opca afin d’ouvrir la France à l’e-formation. La France doit rattraper son retard : 7 % de la formation s’y déroule en e-learning, contre 20 % en Allemagne et 50 % aux États-Unis.

Il faut rendre imputables sur le budget de formation des entreprises les coûts des modules d’e-formation qui seraient délivrés sans l’intervention d’un formateur. Et il faut adapter le mécanisme de financement par les Opca des dépenses de formation aux spécificités de l’e-formation. Par exemple, en prévoyant un mécanisme de remboursement forfaitaire du coût des licences d’e-formation (e-learning/serious games) au même titre que celui des frais pédagogiques, ou par le remboursement forfaitaire des coûts de formation en ligne : un module de formation en ligne d’une durée prévue sur sept heures est pris en charge comme une formation de sept heures.

E & C : Comment justifier ces changements ?

Y. D. : Il s’agit de favoriser le développement d’une véritable économie du numérique pour la formation professionnelle. Le but de ces propositions est d’augmenter la productivité des actions de formation – plus vite, plus efficace, moins cher –, de former à des disciplines nouvelles et à des expertises rares, mais aussi de maîtriser les coûts et les résultats.

Les mentalités sont mûres aujourd’hui. Les entreprises utilisent désormais largement les formations mixtes. Parallèlement, les Opca sont facilitants sur l’e-formation, car ils doivent répondre à des besoins de plus en plus importants, dont ceux des PME. Les décideurs publics comprennent aussi qu’ils ont intérêt à investir dans de l’e-formation réemployable plutôt que de racheter du présentiel tous les ans. La question est celle de l’efficience pédagogique, pas celle de la modalité pédagogique. Or, avec l’e-formation, le suivi et l’évaluation sont beaucoup plus outillés et facilités.

* L’Afinef, créée en octobre 2012 sous l’égide du pôle de compétitivité Cap Digital, réunit 26 acteurs de l’industrie du numérique dans l’éducation et la formation.

Auteur

  • LAURENT GERARD