POLYLOGIS MÉCANISE LES TÂCHES PÉNIBLES

Le groupe Polylogis, qui gère un parc de logements sociaux et compte 1 100 salariés dans ses sociétés, a été le premier du secteur à signer un accord sur la pénibilité, fin 2011. Le DRH, Didier Poussou, était également négociateur de l’accord de branche signé juste après. L’accord de groupe concerne les personnels de proximité : gardiens d’immeuble, agents d’entretien et de nettoyage, soit 700 salariés. Le texte prévoit de réaliser un diagnostic de tous les postes de travail afin d’identifier les facteurs de pénibilité. « À ce jour, nous avons diagnostiqué, un par un, tous les postes des salariés de plus 55 ans, jugés prioritaires, en utilisant la grille d’évaluation prévue dans l’accord de branche et déclinée au niveau du groupe », indique Didier Poussou.

Mesures correctrices et approche budgétaire

Chaque poste est observé et analysé pendant une demi-journée par un membre de la DRH, un représentant du CHSCT, un référent du métier et le salarié concerné. Le diagnostic propose des mesures correctrices et une approche budgétaire. « C’est une démarche très positive à laquelle les membres du CHSCT sont étroitement associés », estime Françoise Font, secrétaire du CHSCT.

Sans surprise, la pénibilité de ces métiers est liée à la traction de poids – sortie des conteneurs à ordures – et à la répétition de gestes – se baisser, lever les bras – pour faire le ménage ou entretenir les espaces verts. « Pour y répondre, nous allons mécaniser au maximum ces activités lorsque la configuration des lieux le permet, affirme le DRH. Un appel d’offres est lancé pour l’achat de 46 tire-conteneurs, des autolaveuses pour les sols de grande superficie, et des spatules pour faire basculer plus facilement les conteneurs à ordures pendant le lavage. » Les formations gestes et postures continueront à se déployer, et les équipements de sécurité seront complétés.

Maintien des seniors dans l’emploi

Un observatoire de la pénibilité au niveau de la branche, alimenté par les différentes équipes RH des entreprises sociales pour l’habitat, est chargé de mettre en réseau ces bonnes pratiques. « En 2013, nous allons continuer les diagnostics pour l’ensemble des collaborateurs, poursuit le DRH, et nous les équiperons petit à petit, sachant que nous avons déjà investi 400 000 euros sur 2012-2013 dans cette politique d’amélioration des conditions de travail. » L’impact de cette politique sur la baisse des arrêts de travail est encore inconnu, sachant que le premier motif d’accident dans cette catégorie de personnel est la chute ou la glissade. « Même sans étude d’impact, on peut dire que la mécanisation aura sans doute un effet sur le maintien dans l’emploi des seniors, qui ont d’ores et déjà le sentiment d’être mieux écoutés », estime Françoise Font.

Bien que les risques psychosociaux ne rentrent pas dans les critères légaux de pénibilité, Polylogis les a mentionnés dans son accord et dans le document unique d’évaluation des risques, qui liste les collaborateurs exposés, propose des mesures de protection, une procédure interne et un appui psychologique. Une démarche d’autant plus justifiée que les actes d’incivilité et d’agression des locataires sont un facteur important de pénibilité dans ce métier. « Une négociation est en cours sur les risques psychosociaux au niveau de la branche, indique Didier Poussou, et des groupes de travail se réunissent sur ce sujet difficile. Nous nous heurtons notamment au fait que l’entreprise n’est pas autorisée à porter plainte directement au nom de ses salariés. »