« La RSE est un sujet de dialogue social positif et consensuel »
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E & C : Quelles sont les motivations des entreprises qui favorisent l’usage des énergies renouvelables (ENR) chez leurs salariés ?

O. C. : Elles peuvent tout d’abord avoir un intérêt business direct à ce que les ENR soient utilisées en interne. Quand La Poste met en place des véhicules électriques, elle cherche à réduire son empreinte carbone, mais elle anticipe également les mesures qui limiteront de plus en plus l’accès des centres-villes aux véhicules individuels et au transport de marchandises.

S’il y a une motivation économique, elle est davantage en termes d’impact et de coût associés (amendes, taxes…) qu’en termes d’euros. Une entreprise qui passe au véhicule électrique veut d’abord réduire son bilan carbone, mais cet investissement n’est pas forcément rentable à court terme. Pour des économies immédiates, il y a d’autres leviers comme, par exemple, la formation des chauffeurs à la conduite “écologique” que mettent en place un certain nombre d’entreprises. Enfin, une entreprise engagée dans une démarche de RSE peut être motivée par le souci d’exemplarité. Aider ses collaborateurs à utiliser d’autres modes de transport en fait partie.

E & C : Ces initiatives sont-elles porteuses de transformations dans l’entreprise ?

O. C. : Un collaborateur a besoin d’avoir des signes très concrets de l’engagement de son employeur dans le développement durable. Lorsqu’une entreprise investit dans une première vague de véhicules électriques, les premiers utilisateurs vont se sentir un peu pionniers. Cela peut les inciter à être plus attentifs à l’environnement mais aussi à leur propre sécurité. En dehors des ENR, certaines mesures conduisant à limiter les émissions de gaz à effet de serre, comme le covoiturage, créent des liens entre collaborateurs d’entités ou de services différents. C’est porteur de transversalité et donc bénéfique à l’entreprise.

E & C : Quel est le rôle du DRH dans leur mise en œuvre ?

O. C. : Le DRH est toujours le partenaire de la solution, surtout s’il faut mettre en place une formation.

Les programmes d’écoconduite, par exemple, sont souvent financés via le budget formation. D’autant plus que l’écoconduite a souvent pour bénéfice additionnel de réduire l’accidentologie.

E & C : Les organisations syndicales ont-elles un rôle à jouer ?

O. C. : Oui, c’est évident. Le développement durable est un sujet de dialogue extrêmement positif et plus consensuel que les sujets abordés par les IRP. Les syndicats peuvent, par exemple, être les garants que les choix environnementaux, bénéfiques pour l’entreprise, le soient aussi pour les salariés. Entre autres, veiller à ce que le changement d’énergie n’entraîne pas d’inconvénients en termes de bien-être, d’ergonomie, etc. L’autre rôle qu’ils peuvent jouer est de pousser l’entreprise à traduire ses engagements ou ses intentions dans des réalisations très concrètes et tangibles pour les salariés. Nous conseillons toujours aux entreprises d’associer les syndicats à leur réflexion et à leurs projets pilotes, car ils en seront les meilleurs ambassadeurs auprès des salariés, s’ils sont convaincus de l’utilité d’une démarche.