LES SYNDICATS DE PSA DURCISSENT LEUR OPPOSITION

Le fossé s’est creusé entre direction et syndicats de PSA à l’occasion du CCE des 11 et 12 décembre. Consacré au plan de restructuration du constructeur, il s’est conclu par l’absence d’avis de la CGT et de la CFDT sur les réductions d’effectifs. Les quatre autres syndicats (FO, CFE-CGC, CFTC et GSEA) ont rendu un avis défavorable qui, du coup, permet juridiquement de clore la consultation sur le livre II. La négociation sur les mesures d’accompagnement (seniors, handicapés, mobilités internes et externes…) va se poursuivre, mais l’accord souhaité par le groupe d’ici à la fin du premier trimestre 2013 est loin d’être garanti.

Questions de fond

Le décalage entre les deux parties a été systématique lors du CCE. Alors que la direction s’en tient au volet social et à la réindus trialisation dans un objectif de zéro licenciement, les syndicats ont remis les questions de fond sur la table. La CGT a brandi un “plan B” fondé sur un apport en capital de 1,5 milliard d’euros et un lissage de l’activité pour sauver Aulnay et éviter la « sur-saturation » d’autres sites.

S’inspirant de l’expérience Volkswagen en Allemagne, la CFDT a prôné la réduction du temps de travail à 32 heures (avec maintien de salaire) à Poissy et à Rennes, afin d’augmenter le reclassement des futurs ex-Aulnay dans l’autre usine francilienne et d’attendre un rebond de production du site breton.

Le désaccord s’étend au chiffre des suppressions de postes : selon les syndicats, elles passent de 8 000 à 11 214 très précisément en incluant des départs naturels non remplacés et des départs en cours dans le cadre d’un précédent plan. Une évolution à l’opposé de la révision à la baisse que préconise le rapport de l’expert Secafi examiné au CCE, et que demandent les syndicats et le gouvernement.