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Les rémunérations hors salaire brouillent la frontière entre capital et travail

Actualités | l’interview | publié le : 04.12.2012 | HÉLÈNE TRUFFAUT

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Les rémunérations hors salaire brouillent la frontière entre capital et travail

Crédit photo HÉLÈNE TRUFFAUT

E & C : Vous venez de débuter une enquête*, en partenariat avec l’Apec, sur les rémunérations hors salaire des cadres. Pourquoi ce thème ?

S. B. : L’Apec réalise déjà des enquêtes quantitatives sur le sujet. Nous voulions proposer une approche sociologique de ce qu’on peut appeler “le grand bazar” des rémunérations hors salaire : primes, participation, intéressement, abondement, actionnariat salarié, etc. Depuis le début des années 1990, on constate un accroissement, mais aussi une diversification et une complexification de ces dispositifs, qui s’inscrivent dans des temporalités différentes. Nous cherchons à comprendre ces rémunérations, du point de vue tant de ceux qui les mettent en œuvre que de ceux qui en bénéficient.

E & C : Pourtant, ces dispositifs semblent aujourd’hui aller de soi.

S. B. : Ils sont devenus normaux. Cela ne veut pas dire que les cadres s’y retrouvent. Si une prime sur objectif ne pose pas de problème, certains éprouvent des difficultés à expliquer ce qu’ils gagnent lorsqu’ils jouissent de plusieurs dispositifs liés aux résultats de l’entreprise. On voit se développer une sorte de partage des risques entre employeur et salariés. Les rémunérations hors salaire apparaissent comme des outils favorisant l’engagement des collaborateurs. Mais cela brouille la frontière entre capital et travail. Les situations sont cependant très diverses. Plus l’entreprise est grande, plus elle favorise cette part variable, davantage répandue dans les secteur de la chimie, de la finance et de l’énergie.

E & C : Qu’allez-vous précisément chercher à savoir ?

S. B. : Comment les cadres perçoivent-ils ces rémunérations ? Quels en sont les effets en termes d’attractivité, de fidélisation et de responsabilisation ? Quel est l’impact sur le rapport au travail et à l’entreprise ? Comment les bénéficiaires utilisent-ils cet argent ? Nous nous interrogeons aussi sur l’usage que font les employeurs de ces dispositifs, notamment de l’épargne salariale. Au-delà de l’état des lieux, nous voulons savoir s’ils ne remettent pas en cause le principe de non-substitution au salaire. C’est un projet de longue haleine prévu sur trois ans. Nous avons commencé les entretiens en octobre, et nous réinterrogerons les cadres dans deux ans.

* Coréalisée avec Élise Penalva, sociologue, sur la base d’une quarantaine d’entretiens semi-directifs auprès de cadres, gestionnaires et partenaires sociaux (1re vague).

Auteur

  • HÉLÈNE TRUFFAUT