« LOBBYING »
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Longtemps secret en France, le lobbying reste une activité quasi honteuse, toujours suspecte de chercher à asservir les décisions et les deniers publics à l’intérêt particulier des entreprises. Les auteurs, eux-mêmes lobbyistes, soutiennent l’idée qu’au contraire, le lobbying est au service de l’intérêt général puisqu’il permet de faire remonter auprès des décideurs des informations essentielles sur le monde économique et les attentes sociétales.

Cette thèse, un rien partisane, ne manque cependant pas d’intérêt. D’abord, le lobbying est un fait et il ne se limite pas au lobbying d’entreprise : les associations ou les syndicats s’y livrent sans complexe. Mais surtout, selon les auteurs, il correspond à la logique moderne du réseau dans un environnement décisionnel toujours plus ouvert et plus complexe. Il permet aux politiques de mieux appréhender les réalités du terrain et de comprendre les enjeux d’une décision avant d’adopter de nouvelles normes. En ce sens, il agit comme un accélérateur de démocratie puisqu’il favorise le dialogue. À condition bien sûr de respecter une stricte éthique : informer n’est pas suborné, la transparence est de rigueur, ce qui ne peut être acquis qu’à l’unique condition de professionnaliser le métier de lobbyiste.

Lobbying

Marie-Laure Daridan et Aristide Luneau, Pearson, 256 pages, 26 euros ;