« LES MÉTIERS ET LES HOMMES »
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A une époque où on encense la polyvalence et les compétences, le mot même de métier semble revêtir une connotation désuète, une image d’Épinal destinée à conforter le narcissisme de professionnels nostalgiques du bon vieux temps. Les révolutions taylorienne puis toyotiste sont passées par là, émiettant d’abord les métiers en une série de tâches décomposées et standardisées, puis regroupant celles-ci sous la double bannière de la responsabilisation des travailleurs et du savoir-être (sous-entendu conforme aux attentes de l’entreprise).

Pour Dominique Massoni, directeur du développement des ressources humai ? nes et de la communication interne à Arkema, et Jean-Hubert de Roux, consultant RH, le métier n’est pourtant pas une notion passéiste, puisqu’au contraire, il fonde le savoir-faire, la fierté au travail, la solidarité des groupes professionnels et la compétence des organisations. Tandis que le discours sur la compétence fait fi des hommes au profit de la tâche, la notion de métier, réhabilitant l’habileté et l’apprentissage, restaure du même coup la conscience du travail bien fait.

Pour les auteurs, la GPEC est une hérésie d’autant plus dangereuse qu’elle s’est généralisée, devenant même obligatoire pour les grandes structures. Or, pour eux, les entreprises n’ont pas tant à gérer des compétences que des hommes. Un retour aux sources du métier d’autant plus urgent que le savoir-faire conforté par l’expérience est aujourd’hui le principal atout concurrentiel des entreprises dans les pays développés.

Les Métiers et les hommes

Dominique Massoni et Jean-Hubert de Roux, Editea, 112 pages, 15 euros.