LES SALARIES INQUIETS MAIS PEU MOBILISES

La médiatisation et la politisation autour de PSA, Sanofi, Arcelor-Mittal ou encore Alcatel ne doivent pas occulter le fait que le climat social général est calme dans la plupart des groupes, estime Entreprise & Personnel dans sa note de conjoncture sociale publiée le 19 octobre.

« Le contexte de crise ne pousse pas à la mobilisation », explique Michèle Rescourio-Gilabert, l’un des auteurs de la note. Les difficultés des entreprises sont, après quatre années de crise, intériorisées par les salariés. Et « la montée du chômage renforce l’inquiétude diffuse de perdre son emploi ». Ceci concourt à créer un climat « calme », mais « mêlé d’inquiétude ». Entreprise & Personnel constate en effet que les mouvements de solidarité à l’intérieur des groupes touchés par des plans sociaux sont limités. A contrario, les salariés concernés par une fermeture, n’ayant rien à perdre, sont encore plus déterminés lorsqu’ils mènent une action locale.

Quant aux syndicats d’entreprise, dont la note relève qu’ils diffusent peu de tracts et interviennent peu, ils font preuve d’« apathie ». Celle-ci peut s’expliquer à la fois par le fait qu’ils attendent les résultats des négociations interprofessionnelles en cours, mais aussi parce qu’« on voit mal ceux qui se sont mobilisés pour faire gagner la gauche s’opposer », analyse Jean-Pierre Basilien, second auteur de la note.

Cette réserve des salariés et l’apathie des syndicats expliquent dès lors que « la conflictualité [soit] très faible ». De là à conclure que les NAO à venir sur les salaires ne susciteront aucune réaction…

Le pouvoir d’achat, cause d’insatisfaction

Jean-Pierre Basilien reste prudent : « Le pouvoir d’achat est un motif d’insatisfaction, comme on l’a vu après la refiscalisation et le retour des charges sociales sur les heures supplémentaires. La question est alors de savoir s’il va y avoir une pression sur les NAO afin de rattraper la perte de pouvoir d’achat, sachant qu’une augmentation de 2 % est loin de compenser les nouveaux prélèvements. On ne peut exclure des mobilisations ponctuelles. »

Entreprise & Personnel trace trois pistes d’action pour les DRH. Primo, « oser la confiance et le dialogue social », le contexte n’ayant jamais été aussi favorable à la recherche de compromis. Secundo, donner la parole aux salariés, à l’image de ce que La Poste est en train de faire. Tertio, à l’occasion de la mise en place des contrats de génération, redonner du sens à une politique de l’emploi aujourd’hui segmentée par les dispositifs sur les seniors et sur l’apprentissage.

Retrouvez la note de conjoncture sur <www.wk-rh.fr>, rubrique Entreprise & Carrières, puis docuthèque.