UN OPCA À L’ORIGINE DE STEP

La paternité du dispositif Step – Senior, territoire, emploi, performance –revient à l’Opca de la coopération agricole Opca 2, qui a depuis fusionné avec Agefaforia pour créer Opcalim. Dans le cadre de la charte des industries agroalimentaires en 2009, cet Opca devait proposer des actions innovantes en matière de GRH. Opca 2 avait alors estimé qu’il fallait inclure les seniors dans le projet. « L’idée était de répondre aux besoins en compétences des TPE, qui, souvent, n’ont pas le temps de former leurs salariés, et de permettre à des PME de valoriser leurs seniors en les mettant ponctuellement en position de transmettre leur expérience, le tout en favorisant les échanges à l’échelle d’un territoire », explique Odile Chardenot-Fradin, qui a suivi le projet à Opcalim.

La Thiérache, territoire rural à la frontière belge, et Troyes, plus urbain, ont été choisis « pour leur maillage de petites entreprises et parce qu’il existait déjà des structures de coopération sur lesquelles s’appuyer – maison des entreprises, groupement d’employeurs – et une dynamique d’échanges locaux », indique Jean Dalichoux, du cabinet Asparagus qui a conduit le projet en Thiérache. Ce dernier a rencontré une quarantaine d’entreprises, dont la plupart se sont montrées intéressées par le principe d’échange. Il a recensé leurs besoins et ressources en compétences et a amorcé un travail de mise en relation. Très vite, le projet a dépassé la branche de l’agroalimentaire pour devenir interprofessionnel.

Soutien politique

« Les trois axes que nous avions mis en avant – seniors, TPE et animation de territoire – ont rencontré un fort soutien politique qui nous a encouragés à poursuivre », ajoute Odile Chardenot-Fradin. L’Opca a obtenu de l’État le financement de deux demi-postes pour animer les plates-formes d’échanges, l’une portée par la maison des entreprises (en Thiérache), l’autre par la chambre de commerce et de l’industrie (à Troyes).

Très vite s’est posée la question du financement : fallait-il faire payer les entreprises qui bénéficient du dispositif ? « Nous voulions un système souple et facile à mettre en place, nous avons donc opté pour la gratuité, dans une logique d’échange de services, et cela n’a pas posé de problème aux entreprises », rapporte Jean Dalichoux.

Encadré par la loi Cherpion de juillet 2011, le prêt de main-d’œuvre à but non lucratif permettait cette souplesse. « Mais l’adoption de cette loi a relancé le débat sur la gratuité, il s’en est fallu de peu que le projet ne soit enterré pour cause de concurrence déloyale », rappelle Odile Chardenot-Fradin. Pour être en accord avec la loi, l’entreprise qui met à disposition un salarié doit signer un avenant à son contrat de travail et un formulaire d’adhésion au dispositif.