« Les dispositifs d’alerte sont peu utilisés »
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E & C : Vous défendez les entreprises. Lesquelles disposent d’alertes antidiscriminations ?

A. C.-M. : La plupart des filiales françaises d’entreprises américaines en ont. Parce que cela fait partie des programmes de chartes éthiques mises en place aux États-Unis, qui, toutes, contiennent un paragraphe sur la lutte contre la discrimination et sur la promotion de la diversité. Les entreprises françaises sont moins nombreuses à s’être dotées de dispositifs d’alerte éthique. Il existe par ailleurs des cellules d’alerte et d’écoute dédiées aux discriminations.

E & C : Ces dispositifs d’alerte font-ils remonter beaucoup de discriminations ?

A. C.-M. : Non, ils sont peu utilisés. Cela s’explique, à mon sens, par le fait qu’il n’est pas dans la mentalité des salariés français de s’exprimer par ce biais. Dans les dossiers que je traite, les canaux naturels sont les IRP, la DRH, le Défenseur des droits ou le CHSCT dans les cas de harcèlement, qui peuvent par ailleurs avoir une dimension discriminatoire. Il s’agit rarement des dispositifs d’alerte. Ce qui fait, d’ailleurs, qu’ils ne concurrencent pas les autres acteurs.

E & C : Dès lors, quelle est leur utilité ?

A. C.-M. : Hormis qu’ils sont une condition pour obtenir le label Diversité, ils sont utiles en ce sens que, plus il y aura d’outils pertinents de signalement pour les discriminations, mieux ce sera. En outre, dans certaines entreprises où l’organisation laisse à désirer, et où le salarié n’a pas confiance dans ses RH ou dans sa hiérarchie, ces dispositifs peuvent avoir toute leur pertinence.

E & C : Dispositifs internes ou externes, quelle est la différence ?

A. C.-M. : À ma connaissance, la majorité des entreprises qui en disposent font le choix d’un dispositif interne, dont elles se servent aussi comme d’un outil de GRH. D’un autre côté, un dispositif externalisé auprès d’un prestataire comme Allodiscrim possède l’avantage d’offrir une expertise juridique que n’aura pas forcément le salarié qui s’occupe du dispositif interne. C’est également une alternative pour les PME. En revanche, il serait faux de croire qu’en faisant appel à un prestataire, l’entreprise externalise le risque et s’exonère de ses responsabilités.