“RENAULT EN DANGER !”
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Selon la CFDT, la fusion Renault-Nissan, qui devait assurer le développement de la marque au losange à l’international, s’est faite aux dépens de Renault. Entre 2000 et 2010, la production de Nissan a progressé de 36 %, tandis que la production du groupe Renault ne progressait que de 7 %. L’entreprise a désormais une surface mondiale, mais le nombre de véhicules produit en France, berceau historique de la marque, a reculé pendant la même période de 55 %, entraînant une diminution de 20 % des emplois.

Certes, le potentiel de développement de l’industrie automobile se situe aujourd’hui davantage dans les pays en développement sous-équipés mais, selon la centrale syndicale qui a diligenté ce rapport sur l’état de la firme et sur la stratégie pour les années à venir, il aurait été possible de limiter la casse de l’emploi tant dans la maison mère que chez les fournisseurs en privilégiant le long terme sur le court terme. La logique de rentabilité à tout crin a en effet peu à peu fait passer la firme française du rang de vitrine sociale à celui de repoussoir, avec une pression au travail de plus en plus forte, qui a récemment pu conduire certains salariés au suicide.

Même la conversion subite de Carlos Ghosn à l’écologie et le projet de voiture électrique semblent, selon les auteurs, mal ficelés puisque l’usine de Flins, destinée à terme à produire des batteries électriques, le fera sous la houlette de Nissan, obligeant Renault à acheter ses batteries à son partenaire alors que cet élément constitue le cœur de la valeur ajoutée du véhicule électrique. Dans ce bilan, dressé par les militants cédétistes, avec l’aide de salariés, d’experts et de chercheurs, tout n’est pas désespéré. Il est cependant urgent d’arrêter d’avancer à marche forcée sans se soucier des hommes. À terme, tout autre choix ne peut, selon la CFDT, que grever l’avenir de l’entreprise.

Renault en danger !

Collectif CFDT-Renault, L’Harmattan, 288 pages, 20 euros.