“LE COLLOQUE LIPPMANN”
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Le mot néolibéralisme est apparu pour la première fois au cours des années 1930. En 1938 à Paris, le colloque Walter Lippmann réunissait les partisans d’un capitalisme rénové soucieux de redorer le blason d’un système économique mis à mal par la crise. Depuis lors, le mot a connu des fortunes diverses. Vilipendé par les marxistes et même les keynésiens, il est réapparu en force à partir des années 1980, s’érigeant même en véritable doxa pour nombre de pays développés jusqu’à la crise de 2008.

Au-delà des idées, les méthodes du néolibéralisme prétendant généraliser l’approche économique à l’ensemble des activités et des relations sociales, que celles-ci aient ou non un caractère marchand, règnent toujours en maître dans les économies occidentales. Le débat sur la rigueur budgétaire en fait foi.

Pour Serge Audier, maître de conférences à Paris-Sorbonne et membre de l’Institut universitaire de France, l’histoire de ce vocable permet de revenir sur la réduction d’un concept complexe à son aspect le plus conservateur. Le thème du néolibéralisme tel qu’il traverse l’histoire de la seconde moitié du XXe et du début du XXIe siècles est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît. Des penseurs aussi peu conservateurs que Michel Foucault, par exemple, ont pu être séduit par l’idée de la libre entreprise des individus. Un travail de recherche philosophique et historique minutieux qui prend tout son sens à l’heure où, justement, nos pays sont contraints d’aller chercher un peu plus loin que les poncifs ultralibéraux pour sauver ce qui peut l’être de la cohésion sociale et peut-être de nos économies.

Le Colloque Lippmann

Serge Audier, Poch’BDL, 500 pages, 12 euros.