LE TRAVAIL DE NUIT AUGMENTE LE RISQUE DE CANCER DU SEIN

Les risques de développer un cancer du sein sont augmentés de 30 % chez les femmes ayant travaillé de nuit. C’est ce que montre l’étude de l’Inserm publiée dans l’International Journal of Cancer, qui a comparé le parcours de 1 200 femmes ayant eu un cancer du sein entre 2005 et 2008 à celui d’un groupe témoin de 1 300 femmes. Ce risque est davantage marqué chez celles qui ont travaillé de nuit plus de 4 ans, qui ont souvent alterné le rythme de jour et de nuit – avec moins de 3 nuits travaillées par semaine – ou qui ont exercé une activité professionnelle nocturne avant leur première grossesse.

Ces résultats s’expliqueraient par l’altération du rythme circadien (alternance veille-sommeil régulant de nombreuses fonctions biologiques) causée par le travail de nuit, qui pourrait modifier la prolifération cellulaire, priver la personne du pic nocturne de mélatonine aux effets anti-cancérigènes et affaiblir le système immunitaire.

Si une loi de 1892 interdisait le travail de nuit des femmes, de nombreuses dérogations ont ensuite vu le jour, jusqu’à ce que la loi du 9 mai 2001 relative à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes l’autorise, mettant ainsi la France en conformité avec le droit européen.