DES CHERCHEURS ANALYSENT LE RISQUE SUICIDAIRE

Quatre situations types de risques suicidaires en relation avec le travail ont été identifiées, après l’analyse d’une vingtaine de situations concrètes, par des chercheurs de l’université de Rennes 2, à la demande du cabinet Psya.

Selon cette étude publiée le 21 juin, ces quatre cas sont : le suicide dans un lieu privé avec un appel au secours au travail pour détresse personnelle ; le suicide dans un lieu privé avec un jugement d’incompétence professionnelle ; un passage à l’acte sur le lieu de travail avec des propos suicidaires répétés en entretien avec la DRH ; et le suicide au travail après une mise en cause pour harcèlement.

Chacun d’entre eux est analysé avec ses propres signes annonciateurs et les ressources mobilisables, notamment.

Ce travail a été réalisé grâce à des entretiens avec une quinzaine de professionnels bénévoles, représentants de CHSCT, DRH, psychologues du travail et médecins du travail.

Distinguer le privé du professionnel

Parmi les enseignements, « nous avons constaté la difficulté pour les entreprises de distinguer ce qui relève de la sphère privée et de la sphère professionnelle et jusqu’où il est possible d’aller sans empiéter sur les libertés individuelles », indique Astrid Hirschelmann, maître de conférences en psychologie à l’université de Rennes 2, qui a coordonné les travaux.

Les chercheurs énoncent également quelques préconisations pour mieux anticiper le risque suicidaire. Parmi celles-ci, une évaluation de la qualité de vie au travail, la formation des managers de proximité, le recours à des spécialistes RH hors hiérarchie, et la création de zones de partage pour libérer la parole sur l’organisation du travail, etc.