RECAERO FORME DES CHÔMEURS AUX BESOINS DE LA MÉTALLURGIE ARIÉGEOISE

Ajusteurs, chaudronniers, opérateurs de commande numéri ? que… 28 chômeurs du bassin d’emploi de Foix-Pamiers sont formés en alternance à ces métiers en tension, dans le cadre d’un partenariat entre l’UIMM et Pôle emploi. « Pour répondre à des besoins de main-d’œuvre qualifiée, non satisfaits sur le marché public de l’emploi, nous avons mis en place en interne des formations qualifiantes depuis 2007 afin d’amener vers ces postes non pourvus des demandeurs d’emploi ou des personnes issues d’autres univers professionnels, en situation de réinsertion. La nouveauté est que cinq entreprises de la filière (Mazères Aéro, CMA, SMT, AEB, Aubert & Duval) ont pris l’option, en 2012, de mutualiser cette formation avec nous. Cela nous permet d’en partager les coûts, tout en garantissant une qualité de formation et d’intégration des stagiaires », explique Christelle Pobeau, DRH de Recaero, et par ailleurs élue au comité de direction de l’UIMM (Union des industries de la métallurgie) de Midi-Pyrénées.

Recaero, qui compte 470 salariés, forme pour ses propres besoins à cette occasion 7 des 28 stagiaires, dont 3 femmes. L’entreprise, qui a déjà recruté depuis 2007 une quarantaine de personnes par l’alternance, plébiscite les avantages de la démarche : 90 % de stagiaires intégrés après six mois de formation et 100 % de réussite aux examens. La PME ariégeoise, qui a depuis filialisé son activité formation, en gère en interne l’ingénierie : « Nous avons également développé des modules de formation à la fois théoriques et pratiques pour d’autres métiers en tension, notamment soudeur et tourneur. Ils sont délivrés par l’équipe de formateurs internes, des salariés dont certains sont à la retraite », poursuit Christelle Pobeau.

Cette action, figurant dans le Grenelle de l’emploi, a été financée par l’UIMM et l’Adefim. Les 28 stagiaires sélectionnés par Pôle emploi selon la méthode des simulations bénéficient d’un contrat de professionnalisation de six mois (365 heures) pour l’obtention d’un certificat de qualification professionnelle de la métallurgie (CQPM).

Aptitude et motivation privilégiées

« C’est la première fois que ces méthodes de recrutement, qui privilégient aptitude et motivation plutôt que recours au CV, sont utilisées pour des postes de main-d’œuvre qualifiée, explique Christelle Pobeau. Cela nous a permis d’intégrer des personnes aux profils variés, parfois sans qualification, dont 25 % de femmes. Les méthodes de formation sont, par la suite, adaptées à ce public hétérogène, dont la moyenne d’âge est de 30 ans. Nous mettons en place également un volet social intégrant aide au logement et au transport quand il s’agit de personnes en situation de précarité », précise Christelle Pobeau.

Ce dispositif, pilote en région Midi-Pyrénées, a été présenté récemment aux entreprises membres de l’UIMM. Il pourrait en séduire d’autres dans la filière, confrontées comme Recaero à une pénurie de candidats sur certains métiers de la métallurgie.?