“LE RÉFORMISME ASSUMÉ DE LA CFDT”
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S’il est un mot pour caractériser l’action de la CFDT, c’est bien celui de réformisme. Marquée dès ses débuts par le rejet du corporatisme et du totalitarisme, la CFDT a évolué depuis l’abandon des thèmes autogestionnaires des années 1970, mais continue d’inscrire son action dans une logique sociale-démocrate laissant de côté les postures idéologiques, voire de plus en plus les représentations politiques.

Dans la CFDT d’aujourd’hui, au-delà des clivages liés aux opinions ou à la situation de ses membres, le pragmatisme est de rigueur. Même les cédétistes situés très à gauche et aspirant à la fin du capitalisme cautionnent la nécessité de signer des compromis avec le patronat. À la CFDT, la grève elle-même est conçue comme un outil au service de la négociation et des compromis sociaux plutôt que dans une perspective de lutte des classes. Le réalisme et la culture du résultat rassemblent les membres au-delà des clivages politiques.

À partir d’une double étude qualitative et quantitative auprès d’un échantillon d’adhérents, les auteurs, membres du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevifop), analysent la logique dans les choix des syndiqués en les mettant en regard avec leur rapport au politique. Gage d’efficacité, cet unanimisme, selon eux, tend à pousser les opposants à quitter le syndicat. À terme, cela peut représenter un risque d’affaiblissement des capacités de réflexion collective de l’organisation, pourtant plus que jamais nécessaire dans un environnement mondialisé et déréglementé.

Le Réformisme assumé de la CFDT

M. Barthélemy, C. Dargent, G. Groux et H. Rey, SciencesPo-Les Presses, 272 pages, 20 euros.