UNDERCOVER BOSS : LE TRAVAIL VERSION TÉLÉRÉALITÉ

Distraire sur les difficultés de la vie au travail, voilà le pari de M6 qui s’inspire d’une émission britannique : Undercover boss*. Fondé sur l’inversion des places, le format consiste à faire passer le patron d’une entreprise pour un chômeur de longue durée en reconversion qui vient d’être embauché.

Au bas de l’échelle

Aller au « bas de l’échelle » pour accéder à la vérité des situations de travail dont ils sont coupés, voici, selon le commentaire, le pari auquel Jean-Claude Puerto, patron d’Ucar, entreprise de location de voitures, puis Guillaume Richard, dirigeant du groupe O2, société de services à la personne, se sont livrés.

Résultats : les patrons sortent ravis de l’expérience et les séquences où ils sont moqués et pressés par leurs salariés sont d’une certaine intensité. Mais rien n’est dit sur les conséquences de cette incursion, qui constitue en quelque sorte un espionnage des salariés. Et la vie d’un employé de base ne peut bien sûr pas s’évaluer à l’aune de quelques jours passés à apprendre à accomplir son travail. Le phénomène d’usure ne saurait être ressenti.

Quand des expériences comme celle de Florence Aubenas – transformée en chômeuse sans diplôme pendant six mois pour écrire Le Quai de Ouistreham – permettent de réfléchir sur les situations de précarité et les conditions de travail, cette émission n’aboutit qu’à en faire un spectacle. Ce qui crée un certain malaise.

* Diffusée le 7 juin à 20 h 50.