L’EXCELLENCE PRÉSERVE (PRESQUE) DES DISCRIMINATIONS

A la demande de la société nationale des meilleurs ouvriers de France, un groupe de chercheurs a testé l’incidence d’un concours d’excellence sur les chances d’un candidat d’accéder à un emploi. Conclusion : la mention « un des meilleurs apprentis de France » sur son CV augmente ses chances, y compris s’il est d’origine immigrée, mais un peu plus s’il est d’origine française.

Sous la houlette de Pascale Petit (université d’Évry), les chercheurs ont envoyé les CV de quatre candidats fictifs titulaires d’un CAP, ne se distinguant que par la consonance des patronymes (française d’un côté, maghrébine de l’autre) et par la mention d’une médaille d’or au concours régional du meilleur apprenti de France, en réponse à 301 offres d’emploi dans le secteur du bâtiment (maçons, électriciens, plombiers). Ils ont ensuite mesuré les écarts de traitement (convocation à un entretien) de ces CV par les recruteurs. La campagne de testing s’est déroulée entre avril et septembre 2011 en Île-de-France ; les résultats ont été rendus publics la semaine dernière.

15,3 % de réponses positives

Lorsque les deux postulants ne sont titulaires que d’un CAP, le candidat d’origine maghrébine obtient moins de réponses positives (10,6 %) que celui d’origine française (13 %). En revanche, lorsque le premier mentionne en plus qu’il est l’un des meilleurs apprentis de France, il obtient 15,3 % de réponses positives.

« Cette étude montre que ce type de concours d’excellence constitue un levier qui permet de réduire la composante statistique de la discrimination liée à l’origine », concluent les auteurs.

Pour autant, l’excellence ne suffit pas à éliminer les discriminations. En effet, un écart de traitement subsiste entre deux candidats récompensés au concours d’apprentis de France, celui d’origine française obtenant 20 % de réponses positives.