LES TECHNOLOGIES MOBILES DÉRÈGLENT LA JOURNÉE DE TRAVAIL

En 2012, 30 millions de smartphones, tablettes ou PC portables seront vendus en France. Parmi les acheteurs, de nombreux salariés qui connecteront l’un de ces équipements mobiles à leur environnement de travail, avec ou sans l’autorisation de leur employeur. Ce qui n’est pas sans conséquences sur leur façon de travailler, comme l’a constaté l’Observatoire de l’informatique et des conditions de travail IDC-Bouygues Telecom Entreprises qui, pour sa seconde édition, a interrogé 795 salariés du privé. En effet, 58 % de l’échantillon affirment effectuer près de 75 % de leurs tâches avec ces outils intelligents qui, selon eux, leur permettent de travailler plus efficacement (pour 49 %), à distance (69 %) et avec davantage de flexibilité (38 %).

Télétravail non officiel

Dès lors, le cadre du travail s’élargit : 7 salariés sur 10 mordent sur leur temps personnel (63 % travaillent le week-end, 54 % en vacances, 41 % devant la télévision…). Et forcément à domicile. Pour 6 salariés sur 10, ce télétravail non officiel est ponctuel ; pour près de la moitié, il est régulier.

Mais si ces appareils engendrent davantage de productivité, de flexibilité, d’efficacité, ils menacent leur propriétaire de saturation. D’ailleurs, le Code du travail oblige à onze heures de repos entre deux prises de poste et à vingt-quatre heures consécutives de repos hebdomadaire. Et une majorité d’utilisateurs, lucides, considèrent déjà ces équipements comme un « fil à la patte ». Mais voilà, peu d’entreprises (39 %) ont mis en place une véritable politique encadrant et accompagnant le déploiement et l’utilisation de ces outils, personnels ou professionnels. Pour Nathalie Feeney, analyste senior d’IDC, « les autres appréhendent cette mobilité simplement de manière opportuniste ».