L’AGRICULTURE CERTIFIE LA QUALITÉ DE SES PRESTATAIRES DE FORMATION

Le 28 février dernier, les premiers certificats de qualité Qualicert-SGS ont été remis aux organismes de formation FRC2A et FDGEDA du Cher, ainsi qu’au CDFA du Calvados, par Vivea, le fonds d’assurance formation des 655 563 chefs d’entreprise agricole, entrepreneurs du paysage, de travaux agricoles et forestiers. 74 autres organismes de formation sont engagés dans cette démarche et devraient passer l’audit de certification dans les prochaines semaines.

200 000 stages en 2011

« L’activité formation de Vivea a doublé entre 2009 et 2011 pour atteindre 3 millions d’heures-stagiaire. Le taux d’accès à la formation de nos adhérents a atteint 27 %, soit 200 000 stagiaires en 2011, constate Christiane Lambert, présidente du fonds. Cet important volume nécessite de s’assurer que les prestations sont de qualité. »

« Depuis quelques années, nous avions le sentiment que la qualité stagnait, analyse Guy Vernerey, responsable de la politique qualité en formation de Vivea. Nous devions entreprendre une action alors que nous développons une politique de cofinancements avec des partenaires et que nous souhaitons faire partager les attendus de qualité sur tout le territoire. »

Vivea a donc sélectionné SGS-ICS pour construire une démarche qualité (après avoir contacté également Afnor et BVQI comme possibles certificateurs). Ensemble, ils ont rédigé un référentiel, validé en septembre 2010. Les premiers audits (1 à 2 jours, selon le nombre de formations) ont eu lieu en juillet 2011 chez une dizaine de prestataires. « Composée de 23 engagements, la démarche Qualicert de SGS-ICS vise une amélioration des pratiques dans les domaines de l’analyse du besoin, du recrutement des stagiaires, de la pédagogie, de l’évaluation et de l’administration des formations », explique Christiane Lambert.

La mise en œuvre de ces engagements est soumise au contrôle indépendant de SGS, qui s’appuie notamment sur des indicateurs de réussite : des stagiaires satisfaits à 80 % ; un taux de réalisation des actions supérieur ou égal à 70 % et une meilleure qualité administrative des dossiers, mesurée à partir du délai de réception des dossiers de réalisation complets.

En contrepartie du niveau d’exigence plus élevé sur leurs pratiques d’ingénierie, Vivea valorise mieux financièrement les actions de formation de ces organismes. C’est un des points importants de la démarche : les prestataires qui s’y engagent ont le droit d’augmenter leurs tarifs de vente à Vivea jusqu’à 5 euros de l’heure-stagiaire en plus du tarif de base, et ce pendant un an jusqu’à obtention de la certification. Une durée d’une année a en effet été définie comme nécessaire pour préparer la certification. Mais, au-delà de cet aspect financier, Vivea insiste sur les bienfaits en termes de qualité, de suivi, de moindre abandon de formation… Les prestataires engagés ont d’ailleurs la possibilité de faire appel aux conseils d’un organisme consultant (cabinet 4 As), sélectionné par Vivea. « La valorisation financière est calculée pour être supérieure au coût annuel de la certification et permet d’amortir immédiatement ou très rapidement les coûts liés à l’accompagnement en première année », assure Guy Vernerey.

200 prestataires concernés

Cette démarche qualité est importante car, à terme, Vivea souhaite que les 200 prestataires qui réalisent 50 % des formations qu’il finance (soit deux tiers de ses financements) soient certifiés soit par Qualicert-SGS, soit par d’autres certifications ISO 9001 utilisées par les chambres d’agriculture. À ce jour, 76 de ces prestataires sont engagés dans la démarche Qualicert-SGS et 74 dans une démarche ISO 9001. Vivea travaille avec 2 000 prestataires au total, ceux qui proposent plus de 15 formations par an sont la cible de cette démarche. « Le fait que ce soit le prescripteur financeur qui la propose et qu’autant d’organismes l’adoptent en si peu de temps est assez rare », commente Stéphane Langlois, directeur de la certification de services SGS-ICS.

« Bien que construite pour un monde de chefs d’entreprise agricole, cette démarche peut s’appliquer à un univers non agricole », assure Guy Vernerey.