À SGS, LE TÉLÉTRAVAIL A PERMIS DE RENOUER AVEC LA RENTABILITÉ

« Avant, nos contrôleurs travaillaient au sein de 80 agences réparties sur le territoire. Les clients n’y venaient jamais, c’étaient nos salariés qui y arrivaient le matin pour prendre un véhicule et se rendre chez les clients », explique Francis Bergeron, DRH du groupe SGS France, qui compte quelque 2 550 salariés en France, dont 60 % de contrôleurs et auditeurs.

La mise en place du télétravail dans l’entreprise remonte à 1997, en réaction à des difficultés économiques : une expérimentation de télétravail a été ainsi menée à cette époque via la fermeture de cinq agences, pour une dizaine de salariés concernés.

Gains sur les frais fixes

En conséquence, la flotte automobile a dû être développée, mais des gains sur les frais fixes (coût des locaux notamment) ont été très rapidement constatés. L’entreprise a ensuite décidé de généraliser ce mode de travail après l’application des lois Aubry instaurant la réduction du temps de travail. « Avec le contingentement du temps de travail, il nous fallait absolument distinguer le temps de travail effectif de nos salariés de celui passé dans les trajets. Selon nos estimations, l’impact financier de cette nouvelle réglementation, combinée aux mauvais résultats du groupe, aurait été de 6 millions d’euros si nous n’avions rien fait », souligne le DRH.

La direction a donc profité de l’évolution des technologies mobiles pour mettre en place la nouvelle organisation : 1 200 salariés nomades ont progressivement été équipés d’un ordinateur et d’un téléphone portables, ainsi que d’une voiture professionnelle. Huit personnes ont par ailleurs été embauchées afin de constituer un service d’assistance technique installé au siège à Arcueil (94), avec pour mission de gérer à distance tous les problèmes des ordinateurs et des téléphones.

À côté des salariés en permanence en déplacement, certains personnels administratifs ont souhaité bénéficier du télétravail. « Nous avons eu des demandes pour les mercredis par exemple, mais nous avons décidé de faire marche arrière, car il y avait un risque de discrimination entre les salariés : l’absence de certains sur la journée du mercredi obligeait les collaborateurs restant au bureau à densifier leur travail ce jour-là, précise Francis Bergeron. Désormais, les managers autorisent cette solution de façon exceptionnelle, notamment afin d’éviter au salarié de prendre des congés pour garder son enfant malade. Nous gagnons ainsi en temps de présence. »

Originalité de la démarche, la généralisation du télétravail s’est opérée sans aucun accord d’entreprise ni discussion avec les syndicats : « La direction a été assez volontariste, et nous n’avons eu aucun mauvais retour de la part des salariés ni des clients », explique Francis Bergeron. SGS France a cependant ouvert une négociation le 20 septembre afin de « sécuriser les pratiques ».

Accord sur les nomades

L’accord vise en effet à formaliser le télétravail pour les salariés concernés à 100 % de leur temps, à savoir les “nomades” et une centaine de cadres supérieurs et dirigeants sans bureau attitré. Le texte mis sur la table par la direction prévoit notamment un accord écrit entre le salarié et sa hiérarchie et la mise en place d’une période d’adaptation.

Pour l’entreprise, l’objectif de l’accord est également de convaincre les quelques salariés nomades encore rattachés à un bureau de passer au télétravail : « Il peut y avoir une certaine prévention de la hiérarchie dans les sociétés que nous avons acquises plus récemment », indique le DRH.