LA MÉMOIRE D’UN SECTEUR EN FORTE ÉVOLUTION

Au moment des négociations de l’accord seniors, 6,8 % des salariés du groupe étaient âgés de 55 ans ou plus, et les partenaires sociaux ont alors fixé un objectif de 15 % au 31 décembre 2012, un peu plus de trois ans plus tard. L’objectif est en passe d’être atteint, avec 13 % de plus de 55 ans à l’automne 2011. À cela, deux raisons : le maintien des seniors dans l’emploi et le recrutement de salariés de 50 ans et plus. Si le vieillissement naturel des salariés et la réforme des retraites jouent à plein (l’Ircem, créé en 1973, compte une importante cohorte de salariés de 50 ans et plus), la commission de suivi a pu constater que, depuis trois ans, sur une quinzaine de recrutements annuels, on compte deux seniors en moyenne.

Les seniors parlent aux seniors

Le gros des recrutements concerne des postes d’employés, les gestionnaires retraite et prévoyance. Ces derniers ont pour interlocuteurs les particuliers employeurs, dont la moitié a plus de 70 ans. L’Ircem s’accommode donc aussi bien de seniors que de plus jeunes salariés, comme ceux recrutés massivement dans les années 2000 pour faire face au développement des services à la personne. Comme les accords d’entreprise prévoient que soit reprise l’ancienneté des nouveaux salariés s’ils sont issus d’autres groupes paritaires, l’harmonisation des salaires entre seniors ne pose pas de question particulière.

Enfin, « dans le cadre de l’accord sur l’emploi des seniors, la médecine du travail a mené une étude sur les postes de travail des gestionnaires, et n’a pas détecté de situation nécessitant un quelconque aménagement » explique Jean-Charles Grollemund, directeur général de l’Ircem.

Mais les seniors nouvellement embauchés ont aussi leur place dans l’état major du groupe : « Je fais partie de la jeune génération des directeurs généraux de groupe paritaire, et les cadres seniors ont un profil complémentaire au mien », explique Jean-Charles Grollemund, 43 ans. En 2009, il a recruté un adjoint âgé de 59 ans. Venu d’un autre groupe paritaire, il a la mémoire d’un monde de la retraite et de la protection sociale en forte évolution. Il y a six ans, avant la signature de d’accord sur l’emploi des seniors, Jean-Charles Grollemund avait fait appel à un autre senior, recrutant un directeur informatique alors âgé de 58 ans. Nommé directeur de cabinet du directeur général le 1er juillet dernier, celui-ci prévoit de rester à l’Ircem jusqu’à son soixante-dixième anniversaire. Un atout pour un groupe qui évolue dans un secteur où le grand projet de convergence informatique (“l’usine retraite”) lancé en 2001 ne sera pas déployé avant la fin 2013.

IRCEM

• Activité : gestion de la protection sociale des salariés des services à la personne et à la famille.

• Effectif : 500 personnes.

• Prestations : 640 millions d’euros versés en 2010.