15 % DE SENIORS EMPLOYÉS, SANS DIFFICULTÉ
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Recruter des seniors, le groupe Korian, qui gère 167 maisons de retraite et établissements sanitaires en France, le fait naturellement et depuis longtemps. « Avant l’obligation légale, nous comptions déjà 15 % de seniors dans nos effectifs, un taux d’emploi que notre accord d’entreprise sur les seniors s’engage à maintenir », explique Sophie Lamalle, DRH du groupe. Quand l’accord a été signé, les directeurs d’établissements ont été sensibilisés à la question, « mais nous n’avons pas eu besoin de déployer un plan d’action, car, dans nos métiers, la séniorité est un atout et nos directeurs d’établissement en ont bien conscience », ajoute la DRH. C’est en effet l’avis de Virginie Fleuriot, qui dirige la maison de retraite Korian Monceau à Paris, un établissement de 100 lits qui compte 58 salariés (ETP), dont 20 % de seniors : « Quand je recrute, je n’accorde pas d’importance à l’âge ; ce qui m’intéresse, c’est l’investissement de la personne et ses qualités professionnelles pour travailler dans un Ehpad (Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes). » Les plus de 45 ans y sont présents dans tous les métiers – hébergement, soins, technique, fonctions supports – et sont particulièrement nombreux aux postes d’encadrement, où leurs capacités d’empathie, de réassurance et de transmission d’expérience sont particulièrement appréciées.

Implication professionnelle

Le groupe n’a aucun problème pour attirer des profils seniors, assez nombreux dans les métiers du soin ou de l’aide à la personne. Ceci dit, la présence de salariés âgés dans les équipes reste un choix délibéré : « D’une part, ils ont souvent un très bon relationnel avec les patients, ils sont plus posés et cela rassure les personnes âgées, constate la directrice de Korian Monceau. D’autre part, ces salariés d’une cinquantaine d’années ont souvent une implication professionnelle, un sens de la rigueur, de la ponctualité et un enthousiasme que l’on trouve plus rarement chez les jeunes générations, et qu’ils peuvent diffuser au sein de l’équipe », observe-t-elle.

Il n’en reste pas moins que recruter des seniors coûte toujours un peu plus cher, puisque leur rémunération prend en compte l’ancienneté du diplôme. Selon Virginie Fleuriot, ce surcoût est largement compensé par l’expérience et la stabilité que les seniors apportent à l’équipe. Qualités qui améliorent la prestation de la maison de retraite, alors qu’il y a un fort turnover chez les plus jeunes.

Après la signature de l’accord seniors, les établissements ont sensibilisé leurs managers et les ont formés à l’entretien de deuxième partie de carrière, ­l’occasion de faire le point avec le salarié sur ses projets et ses possibilités d’évolution dans l’entreprise, ses souhaits de formation ou de réorientation. « C’est une base de réflexion pour mieux accompagner le salarié et ne pas le mettre en échec », indique Virginie Fleuriot.

Pour prévenir la pénibilité et offrir aux salariés âgés de bonnes conditions de travail, plusieurs actions sont mises en place : aide technique, soutien moral, formations pour prévenir le mal de dos, pour savoir utiliser le lève-malade, possibilité de passage à temps partiel ou en travail de jour. Un tiers des salariés seniors du groupe ont également suivi la formation au tutorat.

GROUPE KORIAN

• Activité : prise en charge de la dépendance.

• Effectifs : 13 737 salariés dont 9275 en France.

• Chiffre d’affaires : 922 millions d’euros en 2010.