L’ÉPARGNE SALARIALE TOUCHÉE PAR LA CRISE

Prévue dans le plan d’austérité du gouvernement, la hausse au 1er janvier 2012 de 6 % à 8 % du forfait social (taxe qui s’applique à l’épargne salariale) ne facilitera pas la conclusion d’accords généreux en matière de participation, d’intéressement, de plan d’épargne entreprise (PEE) ou de plan d’épargne retraite collectif (Perco). Or ces dispositifs ont déjà fortement souffert pendant la crise, comme le démontre une étude de la Dares parue le 30 août.

En 2009, les montants versés (14,2 milliards d’euros) ont enregistré une baisse de 10 % par rapport à 2008. Particulièrement en recul : l’abondement des PEE (- 17 %) et la participation (- 15 %). L’intéressement a mieux résisté (- 3 %). Seuls les versements dans les Perco ont progressé (+ 7 %). Mais, créé en 2003, le Perco mobilise encore des montants modestes (680 000 euros).

Avec respectivement 6,4 millions d’euros et 6,2 millions d’euros versés en 2009, la participation et l’intéressement restent les dispositifs les plus courants.

Par ailleurs, la crise n’a pas permis d’étendre l’accès à l’épargne salariale à un plus grand nombre de salariés, comme le souhaitait le gouvernement. Seules 13 % des entreprises ont été concernées en 2009 et majoritairement les plus grandes : 88 % des 7 millions de bénéficiaires travaillaient dans des sociétés de plus de 50 salariés.

Enfin, si le montant des versements a atteint 2 140 euros par salarié en moyenne, il a varié fortement selon les secteurs. Les salariés du raffinage ont raflé en moyenne 6 275 euros, tandis que ceux du secteur hébergement-restauration ont dû se contenter de 635 euros.