LA BOURGOGNE JOUE COLLECTIF

L’initiative visait à faire adhérer 500 demandeurs d’emploi qui avaient perdu leur poste dans une multitude de PME distinctes. Elle s’est focalisée sur deux publics. D’une part, des licenciés économiques éligibles à la convention de reclassement personnalisé, mais qui n’avaient pas voulu y adhérer dans le cadre de leur ancienne entreprise, par méfiance ou par excès de confiance dans leur faculté à retrouver seul un emploi. D’autre part, les intérimaires et CDD en fin de mission, exclus de la CRP.

La cellule a été ouverte le 1er avril 2010 par les CCI de Côte d’Or et de Saône-et-Loire et par Pôle emploi Bourgogne. Son budget de fonctionnement de 1,3 million d’euros a été pris en charge par la Direccte (40 %), le FSE (40 %) et le conseil régional.

Montée en puissance tardive

Réunir ces publics venant d’horizons si différents a été un travail de fourmi. Les deux CCI et Pôle Emploi l’ont mené à bien, puisque la cellule a atteint son seuil de 500 fin mars dernier, à la clôture des adhésions. Ils se répartissent entre 260 ex-CDI et 240 ex-CDD/intérim. « Pôle emploi en a fait sa priorité et a donc mis tous ses moyens pour y parvenir, remarque Joëlle Vasseur, responsable du projet pour les CCI. Nous-mêmes avons actionné notre réseau en appelant nos entreprises adhérentes afin de recenser un par un qui avait perdu son emploi et quel employeur recrutait à nouveau. » La mise en place a été longue, le temps que la “machine” Pôle emploi tourne à plein régime. La cellule a démarré avec seulement 17 adhésions en avril, le rythme des entrées s’est accéléré pour culminer à 230 sur les deux mois de janvier-février derniers.

Sur le modèle de la CRP

Le suivi s’est réparti entre les cabinets Altedia, Apports et Agora, rémunérés par une part fixe plus une partie variable de 500 ou 1 500 euros selon que la solution trouvée soit de court ou long terme. L’accompagnement s’est calé sur celui de la CRP : entretien de diagnostic, obligation pour le candidat de faire des « actes positifs » de recherche, etc. « Chaque personne a bénéficié d’au moins deux entretiens individuels par mois, en plus d’ateliers collectifs », ajoute Joëlle Vasseur.

Particularité : quelques dizaines de milliers d’euros d’origine privée s’ajoutent aux fonds publics, car quatre grosses entreprises ont affecté une partie de leur convention de revitalisation à cette cellule, quand bien même celle-ci n’accueillait pas “leurs” licenciés, afin de financer la mobilité, des compensations temporaires d’écart de salaire entre ancien et nouveau travail et des formations sortant des grilles de financement classiques.

L’accompagnement dure douze mois, y compris pour les derniers entrés. « La cellule est neutre vis-à-vis des droits du demandeur d’emploi, elle ne les modifie ni à la hausse ni à la baisse », précise Yves Hutin, directeur du service aux entreprises de Pôle emploi Bourgogne.

Des solutions pour tous

Compte tenu de la montée en puissance tardive, le bilan reste provisoire. Les CCI annoncent 106 solutions actées, dont 78 reclassements en CDI (45) ou CDD de plus de six mois (33) complétés par des formations longues et des créations d’entreprise. Ce qui, selon leur évaluation, représente un taux de 50 % par rapport aux candidats qui ont achevé leur parcours ou approchent de son terme. Mais personne ne se retrouve sans solution, assurent-elles : l’autre moitié retrouve des missions temporaires, suit des formations plus ou moins longues ou, dans une vingtaine de cas, attend la signature prochaine d’un CDI ou CDD long.

Plus d’un reclassé sur trois a changé de secteur d’activité. Venus de la métallurgie, du textile ou de la sous-traitance automobile, ils se sont reconvertis notamment vers les marchés plus tendus de la plasturgie ou de la chaudronnerie-soudure, ou encore vers les services.