PSA passe ses pièces japonaises au compteur Geiger

Le constructeur PSA va soumettre à un contrôle de radioactivité toutes ses pièces importées du Japon vers ses usines en Europe. Simple application du principe de précaution en l’absence de risque avéré, insiste fortement la direction, que les syndicats ont poussée à agir de la sorte.

Le contrôle a démarré en fin de semaine dernière, à l’arrivée des premiers composants produits depuis le séisme du 11 mars par les fournisseurs japonais, dont l’activité redémarre progressivement. Il se poursuivra autant que nécessaire. Son pilotage est confié à un groupe de travail interne qui réunit médecins du travail et spécialistes de la logistique. En usine, il sera effectué par des organismes indépendants, dont en France le bureau privé Cerap (Conseil, études en radioprotection). Le résultat de leurs investigations sera communiqué aux CHSCT.

Demande de transparence

« La mesure est bien le minimum qu’on puisse faire et nous ne sommes pas complètement rassurés », réagit Julien Wostyn, délégué CGT de PSA Mulhouse. Les syndicats voient dans cet épisode une nouvelle limite de la mondialisation des achats. Ils réclament la liste complète des pièces concernées. Y figurent, à coup sûr, les débitmètres d’air pour moteurs diesel, dont la rupture d’approvisionnement a stoppé une semaine durant la production de plusieurs modèles, entraînant du chômage technique. « S’ajoutent des airbags, des écrans GPS et sans doute d’autres choses que nous souhaitons connaître », indique Patrick Schorr, responsable FO à Mulhouse.

En somme, les salariés attendent de PSA cette transparence dont on reproche au nucléaire de manquer.